Le Nigeria intensifie sa stratégie de diversification économique en se tournant vers la Turquie pour accélérer le développement de son immense potentiel minier, évalué par les autorités à près de 750 milliards de dollars (424 022 milliards FCFA). Abuja et Ankara ont conclu, le 26 mai, un accord de coopération destiné à attirer davantage de capitaux étrangers dans un secteur encore largement sous-exploité malgré l'abondance des ressources du pays.
L'accord, signé en marge de l'Istanbul Natural Resources Summit, prévoit une collaboration dans plusieurs domaines liés aux minerais solides, notamment l'exploration, les technologies minières, la formation ainsi que la modernisation du système de délivrance des licences. Le gouvernement nigérian veut s'appuyer sur l'expertise et les investissements turcs pour accélérer l'exploitation de ressources stratégiques comme le lithium, l'or, le minerai de fer, l'étain ou encore le calcaire.
Pour les autorités nigérianes, ce rapprochement avec Ankara s'inscrit dans une volonté plus large de réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers, dans un contexte marqué par la volatilité des prix du brut et les pressions sur les finances publiques. Le secteur minier représente ainsi l'un des principaux relais de croissance envisagés par Abuja pour soutenir l'économie et accroître les recettes d'exportation.
Le ministre nigérian du Développement des minerais solides, Dele Alake, a assuré que plusieurs réformes ont été engagées afin d'améliorer l'attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux. Le gouvernement affirme notamment avoir renforcé la lutte contre l'exploitation minière illégale et récupéré plus d'une centaine de sites exploités clandestinement ces dernières années.
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Les autorités mettent également en avant des garanties destinées à rassurer les investisseurs étrangers, parmi lesquelles la possibilité de rapatrier les bénéfices ainsi qu'un environnement réglementaire présenté comme plus stable. Abuja espère ainsi convaincre davantage de groupes internationaux de s'implanter dans un secteur qui reste marginal dans l'économie nigériane malgré l'importance des réserves recensées.
Du côté turc, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a indiqué que les entreprises de son pays étaient prêtes à investir non seulement dans les activités minières, mais aussi dans les secteurs énergétique et pétrolier nigérians. Cette coopération pourrait permettre à la Turquie de renforcer sa présence économique en Afrique de l'Ouest, tandis que le Nigeria cherche de nouveaux partenaires capables de soutenir ses ambitions industrielles.
Le lithium figure parmi les ressources les plus convoitées par Abuja en raison de la demande mondiale croissante pour les batteries destinées aux véhicules électriques et aux équipements technologiques. Plusieurs pays africains tentent actuellement de se positionner sur cette chaîne de valeur stratégique, alors que les grandes puissances industrielles multiplient les investissements dans les minerais critiques.
Fanuelle YAO
Publié le 26/05/26 09:17
La Rédaction
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