Le Tchad se tourne vers la Chine pour préparer la création d'une société nationale de transport routier urbain à N'Djaména. La question a été abordée le 12 août 2026 à N'Djaména entre la ministre des Transports, de l'Aviation civile et de la Météorologie nationale, Fatima Goukouni Weddeye, et l'ambassadeur de Chine au Tchad, Wang Xining. D'après le communiqué du ministère, les discussions ont porté " sur les perspectives d'un accompagnement de la partie chinoise dans la réalisation d'études de faisabilité technique, économique et institutionnelle relatives à plusieurs projets structurants inscrits dans le cadre du Plan national de développement (PND) “Tchad Connexion 2030”, notamment dans le domaine des transports urbains ".
Parmi les dossiers examinés figure précisément " la création d'une société nationale de transport routier urbain à N'Djaména ", une initiative qui constitue l'une des priorités du gouvernement en matière d'amélioration de la mobilité urbaine, précise le communiqué. L'intervention chinoise envisagée concerne donc, à ce stade, la réalisation des études nécessaires à la définition du futur opérateur et non encore sa mise en service.
Une nouvelle tentative après les expériences des années 1970
Le projet prend une dimension particulière au regard de l'histoire du transport public dans la capitale tchadienne. N'Djaména avait déjà connu deux expériences de sociétés publiques de transport par autobus au début des années 1970. Uni Tchadienne, créée en 1970, a cessé ses activités en 1972. La Société tchadienne de transport urbain (STTU), créée en 1972, a à son tour disparu en 1973. Depuis, la capitale n'a pas réussi à installer durablement un opérateur public structuré capable d'assurer le transport collectif urbain.
Près de cinq décennies plus tard, le gouvernement entend donc relancer cette ambition, avec l'appui potentiel d'un partenaire chinois déjà fortement impliqué dans les projets d'infrastructures en Afrique. La coopération envisagée doit permettre d'avancer sur les dimensions " technique, économique et institutionnelle " du projet. Ces études devront notamment contribuer à déterminer le modèle de fonctionnement de la future société, ses besoins ainsi que les conditions nécessaires à sa viabilité.
Si le projet aboutit, la future société devra évoluer dans un marché où l'offre de transport urbain repose principalement sur des opérateurs privés et informels. À N'Djaména, les déplacements quotidiens sont notamment assurés par des taxis collectifs, des minibus et des moto-taxis. Cette organisation constitue aujourd'hui l'essentiel de l'offre de transport disponible pour les habitants de la capitale.
Dans ce contexte, le gouvernement tchadien présente la future société nationale comme un levier pour réorganiser et moderniser le transport collectif. Elle devrait, selon le ministère des Transports, " contribuer à la modernisation du système de transport urbain, au développement d'une offre de transport public collectif plus adaptée aux besoins des populations et à l'amélioration de la fluidité des déplacements dans la capitale ". Le projet reste toutefois à un stade préparatoire, les études de faisabilité devant encore préciser les contours et les conditions de mise en œuvre de cette nouvelle société.
Publié le 13/08/26 14:11
La Rédaction
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CEMAC