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Le Tchad taxe à 7% ses exportations de gomme arabique

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Le gouvernement tchadien vient d'instaurer un droit de sortie de 7% sur la gomme arabique destinée à l'exportation, selon un arrêté signé le 3 juillet 2025 par le ministre des Finances. Cette mesure s'applique également à d'autres produits agricoles et animaux comme les arachides, les graines de sésame, les peaux et cuirs.

Dans le détail, le texte institue une taxe de 5% sur la valeur imposable des produits concernés, à laquelle s'ajoute une redevance statistique de 2%, déjà en vigueur. Ce prélèvement porte donc à 7% la charge fiscale appliquée aux exportations de gomme arabique.  La volonté gouvernementale qui transparait de cette décision, est certainement liée à l'ambition de renforcer les recettes de l'État tout en encadrant une filière devenue stratégique.

En 2025, le Tchad prévoit d'exporter environ 61 600 tonnes de gomme arabique, en hausse de 8% par rapport aux 57 000 tonnes de l'année précédente. Il s'agirait du plus grand volume exporté par le pays depuis au moins trois ans, d'après la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).

Cette croissance est en grande partie liée à une forte demande internationale, dans un contexte marqué par l'instabilité géopolitique au Soudan, premier producteur mondial. Les acheteurs étrangers, notamment français, allemands, américains, japonais et indiens, se tournent de plus en plus vers le Tchad, aujourd'hui deuxième exportateur mondial, selon le Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad).

" La guerre au Soudan a bouleversé les circuits traditionnels. Le Tchad en profite avec une hausse des commandes et des prix ", explique Abechir Ahmat, président de l'Association des exportateurs de gomme arabique du Tchad. Les prix ont fortement augmenté. Le kilo de gomme arabique tchadienne se vend désormais autour de 1 750 francs CFA (près de 2,7 euros), contre 700 francs CFA un an plus tôt. Sur le marché mondial, la tonne est passée de 1 800 dollars en 2022 à près de 3 000 dollars en 2024.

Dans ce contexte, la taxe instaurée par l'État viserait à tirer un meilleur parti économique de cette manne, alors que la gomme arabique représente déjà environ 7% du PIB tchadien, d'après des données officielles. Ce produit est utilisé dans de nombreux secteurs industriels notamment l'alimentation (boissons gazeuses, confiserie), la pharmacie, la cosmétique, le textile et la peinture.

Avec près de 700 000 hectares de terres cultivées, la filière est aussi un levier d'emplois et de revenus pour des milliers de familles rurales. Le gouvernement souhaiterait donc à la fois sécuriser cette ressource, réguler les exportations et capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée à l'international.

Perton Biyiha

Publié le 08/08/25 09:49

La Rédaction

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