menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Malgré le succès de ces Eurobonds, le Congo emprunte aussi cher que sur le marché des titres publics

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 64h42min

Le marché des valeurs du Trésor de la CEMAC a confirmé son dynamisme entre mars 2025 et mars 2026, porté notamment par les émissions congolaises. Le Congo s'est imposé comme le deuxième émetteur d'Obligations du Trésor Assimilables de la sous-région, avec 807,1 milliards FCFA levés sur la période, derrière le Gabon. Sur le compartiment des Bons du Trésor Assimilables, le pays a également mobilisé 699,5 milliards sur la maturité à 13 semaines, la plus importante de la zone sur ce segment.

Cette activité soutenue a toutefois un coût. Le rendement moyen pondéré des OTA s'est établi à 9,64 % entre mars 2025 et mars 2026 pour l'ensemble de la CEMAC, contre 9,16 % un an plus tôt. Les courbes de taux publiées en annexe du rapport de politique monétaire de la BEAC situent le Congo au-dessus de 11 % sur les maturités longues, un niveau supérieur à celui du Gabon et du Cameroun sur la même période.

La Banque des États de l'Afrique Centrale cite pourtant de manière explicite le succès des émissions d'Eurobonds camerounais et congolais parmi les facteurs ayant permis la consolidation des réserves de change depuis décembre 2025. Le Congo a donc démontré sa capacité à mobiliser des financements extérieurs dans de bonnes conditions, un signal positif pour sa signature souveraine. Mais cette confiance des marchés internationaux ne se retrouve pas à l'identique sur le marché régional des titres publics, où les investisseurs continuent d'exiger une prime de rendement plus élevée.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart, notamment la structure de la demande domestique, la liquidité encore inégale du marché secondaire de la CEMAC, et les arbitrages propres aux Spécialistes en Valeurs du Trésor, qui concentrent 64,7 % de l'encours total des titres publics de la zone. Pour Brazzaville, l'enjeu des prochains trimestres sera de transformer la confiance affichée sur le marché international en conditions de financement plus compétitives sur le marché sous-régional, alors que la BEAC vient précisément d'abaisser son taux directeur pour alléger le coût du crédit dans l'ensemble de la zone.

Idrissa Diakité

Publié le 03/07/26 14:18

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

9BXtgTvK-XsUoFX0OknBPT8lmZjDWJBLYABuA5ADTew False