Le Groupe de la Banque mondiale et Banco Santander ont lancé, ce 23 juin 2026, un nouveau mécanisme de partage des risques destiné à développer le financement des chaînes d'approvisionnement et à soutenir la création d'emplois à grande échelle dans les économies émergentes.
Conçu par la Société financière internationale (IFC), branche dédiée au secteur privé du Groupe de la Banque mondiale, ce dispositif couvre jusqu'à 500 millions de dollars d'actifs de financement. Il devrait permettre de générer environ 1,5 milliard de dollars d'opérations sur 3 ans, en ciblant en priorité les fournisseurs des marchés émergents, souvent exclus du crédit bancaire classique.
Le principe est simple mais structurant. Le financement est accordé non plus sur la solidité financière du fournisseur, mais sur celle de l'acheteur final. Ce mécanisme améliore les délais de paiement, renforce la liquidité des entreprises et leur permet d'investir et de se développer dans un contexte de tensions sur les chaînes logistiques mondiales.
Dans un environnement marqué par la hausse des taux et le resserrement des conditions de crédit, l'initiative apparaît comme une réponse directe aux contraintes de financement du commerce international. Elle vise en particulier les PME, considérées comme les plus vulnérables aux chocs de liquidité.
Pour l'IFC, l'enjeu dépasse la seule dimension financière. ‘'Le financement des chaînes d'approvisionnement est un levier essentiel du commerce mondial'', souligne Nathalie Louat, directrice mondiale du financement du commerce et des chaînes d'approvisionnement, ajoutant que ce partenariat contribue à ‘'préserver les emplois et à soutenir les entreprises dont dépendent les communautés des marchés émergents''.
Du côté de Banco Santander, l'opération s'inscrit dans une stratégie d'extension de sa plateforme mondiale de financement. ‘'Notre partenariat avec IFC nous permet d'aller plus loin'', explique Stefano Sabbadini, responsable mondial de la mobilisation de la dette privée, qui insiste sur la capacité de la Banque mondiale à ‘'étendre la portée de notre offre de financement aux fournisseurs mal desservis, notamment les PME''.
Lancé dans le cadre du Programme mondial de financement de la chaîne d'approvisionnement (GSCF) de la SFI, créé en 2022, ce mécanisme s'inscrit dans une architecture plus large visant à renforcer les infrastructures financières des économies en développement. Au-delà des financements, le programme accompagne également les réformes juridiques, les infrastructures de marché et la digitalisation des écosystèmes financiers.
Avec un engagement record de 71,7 milliards de dollars en faveur du secteur privé en 2025, l'IFC confirme son rôle central dans la mobilisation de capitaux privés vers les marchés émergents.
Publié le 23/06/26 12:46
La Rédaction
SN
CEMAC