menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Niger : Un décaissement de 33 millions USD du FMI attendu fin juillet

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 45h54min

Le Niger se rapproche d'un nouveau financement du Fonds monétaire international (FMI). En effet, à l'issue d'une mission de dix jours, soit du 2 au 12 juin 2026, à Niamey, la capitale, les services de l'institution de Bretton Woods ont conclu un accord de principe avec les autorités nigériennes, dans le cadre du neuvième examen du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Une étape décisive qui, une fois validée par le conseil d'administration du Fonds, permettra au pays d'obtenir environ 33 millions de dollars, soit près de 18 milliards FCFA, fin juillet prochain.

Cette enveloppe, destinée à couvrir une partie des besoins de financement extérieur du pays, intervient dans un contexte où le Niger affiche une résilience économique remarquable, malgré un environnement régional et international marqué par des tensions sécuritaires persistantes et une forte volatilité des prix des matières premières. Ces ressources serviront principalement à soutenir les réformes engagées par le gouvernement et à répondre aux besoins croissants de financement extérieur, souligne le communiqué du FMI publié ce 12 juin. La mission du FMI a salué les progrès réalisés par le pays dans l'exécution de son programme économique, notamment en matière de gestion des finances publiques et d'amélioration de la transparence.

Une croissance parmi les plus dynamiques d'Afrique

L'économie nigérienne continue d'afficher des performances solides. Après avoir enregistré une croissance de 6,9% en 2025, le PIB devrait progresser de 7% en 2026, selon les projections du FMI. Cette dynamique est portée essentiellement par deux moteurs, à savoir l'agriculture et le secteur extractif, notamment les exportations pétrolières qui ont pris une place croissante dans l'économie nationale.

À moyen terme, la croissance devrait se maintenir autour de 6,1% en moyenne, soutenue par l'exploitation du potentiel économique du pays et la poursuite des investissements publics et privés. Ces perspectives demeurent toutefois fragiles. Le FMI souligne plusieurs risques susceptibles d'affecter cette trajectoire, parmi lesquels l'aggravation de l'insécurité, les conflits régionaux, les chocs climatiques ainsi qu'une éventuelle baisse des financements concessionnels.

Des finances publiques mieux orientées

Sur le plan budgétaire, le Niger a enregistré des résultats meilleurs qu'attendu en 2025. Le déficit public s'est établi à 2,9% du PIB, soit un niveau inférieur aux prévisions initiales et conforme au critère de convergence de l'UEMOA fixé à 3% du PIB. Cette performance s'explique par une amélioration de la mobilisation des recettes intérieures, mais également par des revenus plus importants issus des exportations de pétrole brut.

Pour 2026, le gouvernement prévoit néanmoins un déficit de 3,4% du PIB. Cette hausse est justifiée par la nécessité de financer les dépenses de reconstruction après les catastrophes naturelles enregistrées l'année précédente et de soutenir les ménages les plus vulnérables face à la flambée des prix des matières premières. Dans ce contexte, les autorités entendent adopter une gestion prudente des ressources pétrolières. Une partie des recettes exceptionnelles attendues sera mise en réserve, afin de renforcer les marges de manœuvre budgétaires, tandis que le recours à l'endettement continuera de privilégier les financements concessionnels et les dons.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, le FMI salue les avancées du Niger sur le terrain des réformes structurelles. L'institution relève notamment les progrès accomplis dans le renforcement de la gestion des flux de trésorerie de l'État, l'apurement des arriérés ainsi que l'amélioration de la transparence dans le secteur pétrolier, illustrée par la publication des contrats conclus entre l'État et les compagnies pétrolières. Les autorités nigériennes ont également réaffirmé leur volonté d'accélérer la mise en œuvre de leur stratégie de gestion des recettes pétrolières, afin de financer durablement le développement du pays.

Par ailleurs, les réformes visant à consolider le secteur bancaire et à améliorer l'accès au financement des entreprises devraient se poursuivre, avec l'appui de partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, à travers un programme de revitalisation du secteur financier et un dispositif de soutien aux Micro, Petites et moyennes entreprises (MPME). Au-delà de ce décaissement attendu, ce financement traduit la confiance renouvelée de l'institution de Bretton Woods dans la capacité du pays à poursuivre ses réformes et à préserver sa stabilité macroéconomique dans un environnement particulièrement exigeant.

Publié le 13/06/26 09:41

Narcisse Angan

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

f9_1AeMPV_jXJNRLTTgES41lWXwej8xC3kFuR-8vYN0 False