La Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) a accordé une ligne de crédit de 40 millions d'euros (26, 2 milliards FCFA) à la Banque de développement du Nigéria (DBN), un financement destiné à élargir l'accès au capital pour les petites et moyennes entreprises à travers le pays le plus peuplé du continent.
L'accord a été conclu en marge des Réunions de printemps du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale à Washington, le 15 avril dernier. C'est dans ce cadre diplomatique de premier plan que le président de la BADEA, Abdullah Almusaibeeh, et le directeur général de la DBN, Tony Okpanachi, ont apposé leurs signatures, conférant à ce partenariat une portée symbolique autant qu'économique.
Concrètement, ce mécanisme de financement fonctionnera en cascade. Les fonds transiteront par des institutions financières intermédiaires agréées avant d'atteindre les micros, petites et moyennes entreprises nigérianes, qui peinent chroniquement à accéder au crédit à long terme. Les secteurs concernés sont larges : agriculture, industrie manufacturière, santé, éducation, technologies de l'information, énergie et immobilier figurent parmi les domaines prioritaires identifiés.
Au-delà des chiffres, c'est la philosophie du dispositif qui mérite attention. La DBN a bâti son modèle autour de populations traditionnellement exclues des circuits bancaires classiques. Les entreprises détenues par des femmes bénéficient d'une attention particulière, tout comme celles portées par de jeunes entrepreneurs — une réalité démographique pressante dans un pays dont la jeunesse représente à la fois un défi et un moteur de croissance considérable.
Pour la BADEA, institution multilatérale fondée en 1975 et détenue par dix-huit États membres de la Ligue arabe, cet accord s'inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des liens entre les sphères économiques arabe et africaine. Pour la DBN, il consolide une capacité de déploiement de capitaux qui conditionne directement sa mission : irriguer un tissu entrepreneurial nigérian encore insuffisamment financé, et par là même, contribuer à la diversification d'une économie longtemps dépendante de la rente pétrolière.
Fanuelle YAO
Fanuelle YAO
Publié le 21/04/26 16:13
La Rédaction
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CEMAC