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Le Ghana projette des ''diaspora bonds'' pour capter une partie des 7,8 milliards USD de transferts

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La Banque du Ghana franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation des capitaux extérieurs. Lors d'une table ronde organisée le 19 avril 2026 à Washington DC avec les membres de la diaspora ghanéenne établie dans la région DMV couvrant le Maryland et la Virginie, le Gouverneur Dr Johnson Pandit Asiama a annoncé une série de mesures visant à transformer les transferts de fonds en véritables leviers d'investissement pour l'économie nationale. Une ambition qui prend tout son sens au regard des chiffres, en 2025, les transferts de la diaspora ont atteint près de 7,8 milliards de dollars, soit environ 6% du PIB, dépassant désormais les investissements directs étrangers.
 
Face à ce constat, l'institution travaille désormais sur la mise en place de nouveaux instruments financiers destinés spécifiquement à la diaspora, notamment des obligations diasporiques et des produits d'investissement libellés en devises étrangères. Ces outils, développés en collaboration avec les ministères et agences compétents, visent à offrir aux Ghanéens de l'étranger des voies d'investissement concrètes, sécurisées et rentables, directement accessibles depuis leur pays de résidence.
 
 
L'objectif est de canaliser une partie des transferts vers des investissements productifs dans les secteurs clés de l'économie nationale, tels que les infrastructures, les PME, la fintech ou encore l'immobilier. Pour y parvenir, la Banque du Ghana s'appuie également sur des partenariats avec des acteurs fintech afin de réduire les coûts des transactions et d'améliorer la fluidité des flux transfrontaliers, notamment grâce à des modèles basés sur la tokenisation (une action qui consiste à convertir un actif réel ou un droit financier en un jeton numérique) et les registres numériques. L'enjeu est de rendre le parcours d'investissement aussi simple et transparent que possible pour tout membre de la diaspora souhaitant s'engager financièrement au Ghana.
 
Cette stratégie s'inspire des expériences réussies d'autres pays émergents. Le Mexique, les Philippines et l'Inde ont chacun su construire des cadres d'engagement diasporique efficaces, combinant instruments ciblés, plateformes numériques et dialogue politique soutenu. Le Ghana entend s'approprier ces modèles et les adapter à son architecture financière nationale, tout en institutionnalisant des mécanismes réguliers d'échange avec sa diaspora, comme en témoigne cette première table ronde à Washington.
 
 
Au-delà des chiffres et des instruments financiers, c'est un changement de paradigme que prône le Gouverneur Asiama. La diaspora ne doit plus être perçue comme une simple source de transferts destinés à la consommation, mais comme une communauté d'investisseurs nationaux établis à l'étranger, capables de contribuer durablement à la transformation économique du Ghana. Une vision ambitieuse qui repositionne la diaspora au cœur de la stratégie de développement du pays, et dont les premiers résultats concrets sont désormais attendus. 

Fanuelle YAO 

Publié le 21/04/26 14:47

La Rédaction

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