menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Nigeria : Les bénéficiaires de permis de valorisation du gaz torché menacés de perdre leurs autorisations

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 16h34min

Au Nigeria, les entreprises ayant obtenu un permis pour récupérer et valoriser du gaz jusque-là brûlé à la torche devront désormais démontrer qu'elles avancent réellement dans leurs projets. L'autorité chargée de la régulation des activités pétrolières en amont, la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), prévient que les bénéficiaires qui tarderaient à mettre en œuvre leurs projets pourraient perdre les autorisations qui leur ont été accordées.

Le gaz torché est le gaz naturel qui remonte avec le pétrole lors de son extraction et qui, faute d'être récupéré ou utilisé, est brûlé directement sur les installations pétrolières. Cette pratique permet aux producteurs de se débarrasser de ce gaz, mais elle entraîne des émissions polluantes et prive également le Nigeria d'une ressource qui pourrait être utilisée pour produire de l'électricité, alimenter des industries ou être exportée. C'est pour limiter cette perte que le pays a mis en place le Nigerian Gas Flare Commercialization Programme, un dispositif destiné à permettre à des entreprises de récupérer ce gaz et de le transformer en une ressource commercialisable.

Voir aussi- Le Nigeria va exploiter le gaz torché pour ses besoins énergétiques

La NUPRC veut désormais s'assurer que les permis accordés dans le cadre de ce programme débouchent effectivement sur des projets opérationnels. Sa directrice générale, Oritsemeyiwa Eyesan, a expliqué le 8 septembre 2026, lors d'une rencontre avec le ministre d'État aux Ressources pétrolières chargé du Gaz, Ekperikpe Ekpo, à Abuja, qu'une première évaluation serait réalisée un an après l'attribution d'un permis. Cette évaluation doit permettre de vérifier si des progrès significatifs ont été réalisés. En cas d'avancement jugé insuffisant, le régulateur pourra prendre des mesures pouvant aller jusqu'à la révocation du permis.

Sur les 43 zones de torchage de gaz initialement retenues pour le programme, 27 ont fait l'objet d'une attribution officielle. Les entreprises concernées doivent donc passer de l'obtention du permis au développement effectif des installations nécessaires pour récupérer et utiliser le gaz. Selon la NUPRC, le programme a continué à progresser malgré les résistances rencontrées à ses débuts auprès de certains opérateurs.

Voir aussi- Nigeria : Le torchage de gaz augmente à 204 milliards de pieds cubes en 2025

Pour le Nigeria, l'enjeu est d'autant plus important que le pays dispose d'importantes ressources gazières. Ses réserves prouvées dépassent 215 000 milliards de pieds cubes, tandis que ses ressources totales sont estimées à environ 600 000 milliards de pieds cubes. Les autorités cherchent ainsi à faire du gaz un levier de production d'électricité, d'industrialisation et d'exportation, plutôt qu'une ressource simplement brûlée sur les sites pétroliers.

Le gouvernement entend accélérer cette transformation et maintenir le cap fixé pour 2030, année à laquelle le Nigeria ambitionne de mettre fin au torchage systématique du gaz. Le ministre d'État aux Ressources pétrolières chargé du Gaz, Ekperikpe Ekpo, a ainsi appelé à une mise en œuvre " délibérée et agressive " du programme. Derrière cette accélération, l'objectif est de faire passer le gaz torché d'un problème environnemental à une source de valeur économique, en imposant aux détenteurs de permis de transformer leurs autorisations en projets effectivement exploités.

Fanuelle YAO 

Publié le 10/09/26 16:24

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

47MU62mH92n3wECtMB-XRpjGfLvU3O-d6kJIILA0auI False