La Banque africaine de développement (BAD) recommande à la République centrafricaine, dans son dernier rapport pays publié à Bangui, de s'appuyer massivement sur les technologies financières (ou fintechs) et la numérisation afin de combler un manque crucial de ressources et de réussir le financement de son Plan national de développement 2024-2028 évalué à 12,8 milliards USD, soit 7 040 milliards FCFA.
Confronté à un secteur bancaire très limité où seulement quatre établissements commerciaux se partagent le marché et où seuls 22 % des adultes possèdent un compte bancaire formel, il est recommandé au gouvernement centrafricain de numériser de toute urgence ses outils de collecte de fonds et de gestion publique. Cette stratégie vise à moderniser les services administratifs, à mieux canaliser l'épargne locale et extérieure, et à rassurer les bailleurs de fonds internationaux pour financer des infrastructures indispensables.
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En premier lieu, l'institution financière multilatérale met en avant la modernisation des services fiscaux nationaux. Pour accroître les revenus de l'État, la BAD suggère la numérisation complète de l'administration et le raccordement informatique direct entre les services des impôts, des douanes et du trésor public.
Cette interconnexion technique doit permettre au gouvernement d'élargir l'assiette fiscale, de réduire les exonérations inefficaces et d'assurer une meilleure traçabilité des recettes. De telles mesures administratives apparaissent indispensables dans un pays où le secteur informel reste très important et où les fuites financières hors des circuits officiels sont estimées à près de 2 milliards USD sur la période allant de 1980 à 2018.
Dans la même perspective d'attraction de capitaux, le rapport met en lumière l'utilisation des outils Web pour capter l'épargne des ressortissants centrafricains vivants à l'étranger. La BAD préconise la création d'un guichet unique appuyé par une plateforme numérique dédiée aux projets certifiés par l'État.
Cet outil en ligne permettra de présenter des projets d'investissement transparents, juridiquement sécurisés et assortis de garanties financières. Grâce à ce canal sécurisé, la diaspora pourra orienter son argent vers la construction d'écoles, de logements ou d'entreprises locales au lieu de le restreindre à la couverture des dépenses quotidiennes des familles.
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Par ailleurs, l'introduction de solutions technologiques dans la gestion des données publiques est essentielle pour attirer l'investissement privé mondial et réduire la perception des risques par les investisseurs. Actuellement, les banques privées n'accordent que l'équivalent de 12 % du produit intérieur brut en crédits aux entreprises locales, ce qui montre la faiblesse de l'accompagnement financier de l'économie réelle.
Le développement d'infrastructures informatiques modernes et de services digitaux liés au commerce permettra de centraliser les informations économiques, d'accélérer les démarches administratives et de sécuriser les flux de marchandises le long des corridors logistiques, notamment avec le Cameroun voisin.
Enfin, les auteurs de l'étude rappellent que l'innovation numérique doit soutenir une transformation plus globale de la politique financière du pays. Pour cesser d'accumuler de simples listes de besoins non financées, la République centrafricaine doit constituer un portefeuille de projets rentables dans l'énergie, les transports, l'agriculture et le numérique.
Cette rigueur dans la structuration des projets, associée à l'usage des nouvelles technologies, offrira au pays la possibilité de diversifier ses sources de financement en sollicitant le marché financier régional de la zone CEMAC, où le Trésor public a déjà réussi à lever 152,6 milliards FCFA en 2024 grâce à des titres publics.
Anselme Akéko
Publié le 10/09/26 16:33
La Rédaction
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