À l'approche de la fin de son programme économique avec le Fonds monétaire international, prévue en juin 2026, la République centrafricaine cherche à obtenir un délai supplémentaire afin d'achever plusieurs réformes encore incomplètes. Cette requête a été au cœur des échanges tenus le 17 avril 2026, en marge des réunions de printemps de l'institution et de la Banque mondiale, entre le ministre centrafricain des Finances et le directeur du département Afrique du FMI.
Selon le compte rendu publié par les autorités centrafricaines, cette rencontre a permis de faire le point sur l'état d'avancement du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). " Les échanges ont permis de faire le point sur la mise en œuvre du programme. À cette occasion, le ministre a réaffirmé l'attachement du gouvernement à la poursuite des réformes engagées, tout en soulignant l'intérêt d'un délai complémentaire pour en assurer l'aboutissement dans des conditions optimales, en cohérence avec les réalités économiques nationales ", précise le document officiel.
Des résultats mitigés
Cette demande intervient alors que plusieurs chantiers structurels demeurent inachevés, notamment dans la gestion des finances publiques et le secteur des hydrocarbures, régulièrement identifiés comme des points de fragilité par les équipes du FMI. Les évaluations précédentes dressent un bilan contrasté. Dans un communiqué publié en juin 2025, l'institution indiquait que seules trois des six cibles de performance fixées pour 2024 avaient été atteintes. Le déficit primaire intérieur ainsi que les objectifs de financement ont été dépassés, tandis que certains indicateurs sociaux n'ont pas été respectés.
Le FMI relevait ainsi que " les performances du programme pour les troisième et quatrième examens combinés étaient mitigées ", tout en soulignant des avancées notables, notamment dans la numérisation des recettes publiques et le renforcement des mécanismes de contrôle financier. Malgré ces écarts, l'institution faisait également état de signaux d'amélioration : " La mise en œuvre du programme a contribué à ancrer les réformes structurelles et à sécuriser le financement. L'approvisionnement en carburant et les recettes se sont améliorés. "
Sur le plan macroéconomique, les perspectives demeurent orientées à la hausse, sous réserve d'une exécution plus rigoureuse des engagements. Après une croissance estimée à 1,9 % en 2024, l'économie centrafricaine pourrait atteindre 3 % en 2025, portée par la reprise du secteur minier, une amélioration relative de la situation sécuritaire et une hausse de la consommation énergétique.
Toutefois, ces projections restent étroitement conditionnées à la capacité du gouvernement à lever les blocages identifiés. Les discussions récentes ont notamment remis en avant la réforme du marché intérieur des hydrocarbures, considérée comme un levier clé pour renforcer la transparence budgétaire et assurer la soutenabilité des finances publiques.
Dans ce contexte, les deux parties ont convenu de poursuivre les concertations techniques afin d'identifier les modalités les plus appropriées pour accompagner efficacement la finalisation du programme.
Lancé en avril 2023 pour une durée de 38 mois, ce programme d'un montant de 191,4 millions de dollars arrive ainsi dans sa phase finale. En juin 2025, la République centrafricaine avait déjà bénéficié d'un décaissement de 58 millions de dollars, à l'issue des troisième et quatrième revues du programme.
Perton Biyiha
Publié le 18/04/26 13:33
La Rédaction
SN
CEMAC