Le Mali signe une opération remarquée sur le marché des titres publics de l'UMOA, ce 15 avril, à travers une émission simultanée de Bons et d'Obligations Assimilables du Trésor (BAT/OAT), mobilisant 55 milliards FCFA, dépassant ainsi son objectif initial de 50 milliards. Un signal fort, dans un contexte régional marqué par des tensions sur les taux et une sélectivité accrue des investisseurs.
L'opération, orchestrée via UMOA-Titres, a suscité un engouement notable. Les soumissions ont atteint 112,58 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 225,17%. Ce niveau témoigne à la fois de la profondeur croissante du marché régional et du maintien de la confiance envers la signature souveraine du Mali.
Mais au-delà du volume, c'est la stratégie du Trésor malien qui retient l'attention. En ne retenant que 55 milliards FCFA, soit un taux d'absorption de 48,85%, les autorités ont clairement privilégié la maîtrise du coût de l'endettement, dans un environnement où les taux restent orientés à la hausse.
Dans le détail, le BAT à 364 jours a concentré l'essentiel de l'intérêt, avec 40,3 milliards FCFA de soumissions et un rendement moyen pondéré de 6,43%. Cette performance confirme une tendance bien installée. Les investisseurs privilégient les maturités courtes, perçues comme plus sécurisées face aux incertitudes macroéconomiques.
Du côté des obligations, le Trésor a adopté une approche sélective en ne retenant que les maturités 3 ans et 5 ans. Les montants levés s'élèvent respectivement à 36,47 milliards FCFA et 16,03 milliards FCFA, pour des rendements de 7,8% et 6,9%. L'OAT à 7 ans, pourtant proposée, n'a pas été retenue, un arbitrage révélateur d'une gestion prudente de la courbe des taux.
Fait notable, la forte contribution des investisseurs locaux. Sur les montants retenus, le Mali arrive largement en tête avec 48,57 milliards FCFA, confirmant la solidité de sa base domestique. Les autres pays de l'Union ont également participé, bien que dans des proportions plus modestes : Côte d'Ivoire : 3,7 milliards FCFA ; Burkina Faso : 1,5 milliard FCFA ; Bénin : 1 milliard FCFA et Sénégal : 0,21 milliard FCFA. Au final, cette levée de fonds réussie met en lumière plusieurs dynamiques clés : une liquidité toujours abondante dans l'Union, une préférence nette pour le court terme, et une gestion de plus en plus fine de la dette par les États.
Publié le 17/04/26 16:06
Narcisse Angan
SN
CEMAC