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RDC : Face au déficit électrique, un projet de centrale à déchets de 15 MW émerge à Kinshasa

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Dans un communiqué publié le 17 avril 2026 et consulté par notre rédaction, l'entreprise canadienne Global Power Solutions Corp. indique avoir " soumis une expression d'intérêt pour le développement et l'exploitation potentiels d'une centrale de valorisation énergétique des déchets d'une capacité de 15 mégawatts (MW) à Kinshasa ".

Cette démarche s'inscrit dans une phase classique des montages de projets énergétiques. Une expression d'intérêt (EOI) permet à un opérateur de signaler officiellement aux autorités sa volonté de se positionner sur un projet, sans engagement contractuel à ce stade. Elle ouvre généralement la voie à des discussions techniques, réglementaires et financières en vue d'éventuels accords ultérieurs.

Le groupe précise ainsi que " la soumission de l'EOI ne représente qu'une proposition à un stade précoce ", ajoutant que toute concrétisation dépendra " d'une évaluation technique plus approfondie, d'études de faisabilité, des approbations réglementaires, des arrangements de financement et de la négociation d'accords définitifs avec les parties prenantes gouvernementales ".

Une entrée par les déchets dans un marché sous-équipé

L'intérêt pour Kinshasa repose d'abord sur le volume de déchets générés quotidiennement par la capitale congolaise. Selon les éléments avancés par l'entreprise, la ville produirait plus de 7 000 tonnes de déchets par jour. Sur cette base, Global Power Solutions indique avoir soumis une EOI décrivant une installation conceptuelle de 15 MW, reposant sur l'utilisation d'environ 1 000 tonnes de déchets quotidiens comme matière première, via une technologie thermique destinée à transformer les déchets solides municipaux en électricité injectée dans le réseau.

Le projet est envisagé en partenariat avec Dhatu Group, un conglomérat industriel et d'ingénierie basé en Ouganda. Les deux entités évoquent des " discussions préliminaires avec des parties prenantes concernant le développement potentiel d'une installation de valorisation énergétique des déchets basée sur la collecte des déchets solides municipaux dans la ville de Kinshasa ".

Le ton du dirigeant du groupe reste toutefois mesuré quant à la portée immédiate de l'initiative. " La soumission de l'expression d'intérêt par la Société est de nature exploratoire et vise à évaluer une participation potentielle au processus de développement du projet ", indique Haneef Esmail, président et administrateur, cité dans le communiqué.

Il précise que " le rôle potentiel de Global Power, si le projet avance, pourrait inclure le soutien au développement, l'intégration technologique ou d'autres formes de participation aux côtés de partenaires locaux ", tout en soulignant qu'" aucun accord définitif n'a été conclu à ce stade ".

Des acteurs en diversification et un besoin structurel massif

Dhatu Group est présenté comme un conglomérat actif dans les infrastructures, la fabrication et les technologies énergétiques, avec une présence notable en Afrique de l'Est, notamment dans des projets d'ingénierie et de valorisation industrielle.

De son côté, Global Power Solutions Corp. est historiquement positionnée sur la fabrication de composants en acier léger et les bâtiments modulaires métalliques. Selon le communiqué, l'entreprise a progressivement élargi sa stratégie vers " des opportunités industrielles connexes, notamment le développement de projets d'énergies renouvelables et d'infrastructures d'énergie propre ".

À l'échelle nationale, l'infrastructure envisagée ne constituerait toutefois qu'une réponse partielle à un déficit énergétique structurel. D'après les données de la Banque mondiale, environ 21 % de la population congolaise a actuellement accès à l'électricité, un niveau parmi les plus faibles du continent et un frein majeur à l'industrialisation.

Dans ce contexte, les autorités congolaises ont engagé un programme de réforme du secteur, articulé autour du Pacte national de l'énergie et aligné sur l'initiative continentale Mission 300. Ce cadre prévoit une montée en puissance des investissements dans la production, une ouverture accrue au secteur privé ainsi qu'une réforme de la Société nationale d'électricité. L'objectif affiché est de porter le taux d'accès à l'électricité à 62 % d'ici 2030.

Perton Biyiha

Publié le 17/04/26 12:36

La Rédaction

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