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La RDC relève les prix des carburants à la pompe, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient

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Dans un communiqué du ministère de l'Économie nationale daté du 16 avril 2026, la République démocratique du Congo annonce un ajustement à la hausse des prix des carburants à la pompe. " Face à la crise persistante au Moyen-Orient et à ses répercussions sur les prix des produits pétroliers raffinés à l'échelle internationale, et conformément aux orientations du Gouvernement, le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a procédé […] à l'adoption de nouvelles structures des prix des produits pétroliers pour l'ensemble des zones d'approvisionnement ", indique le document.

Cette révision tarifaire concerne l'ensemble du marché national, avec toutefois des écarts significatifs selon les zones logistiques. Dans les zones dites " standards ", le prix du gasoil à la pompe passe de 2 430 FC à 2 635 FC le litre, soit une hausse de 205 FC (+8,4 %). L'essence, pour sa part, progresse de 2 440 FC à 2 640 FC le litre, enregistrant une augmentation de 200 FC (+8,2 %).

Dans les zones les plus exposées aux contraintes d'acheminement, les niveaux atteignent des seuils nettement plus élevés. " Pour la structure domestique de la zone Sud, les prix à la pompe sont fixés à 3 930 FC le litre pour l'essence et à 4 435 FC pour le gasoil. S'agissant de la structure domestique de la zone Est, le prix du litre d'essence est fixé à 4 400 FC, tandis que celui du gasoil s'établit à 5 600 FC ", détaille le communiqué.

Le secteur minier, fortement dépendant du gasoil, fait quant à lui l'objet d'une grille tarifaire spécifique, indexée en devises. " Quant à la structure des prix pour les miniers du Sud, le gasoil est fixé à 3,12 dollars le litre et l'essence à 2,55 dollars le litre. Ces prix tiennent compte des réalités particulières de l'approvisionnement de cette zone, fortement affectée par les contraintes logistiques ", précise le texte.

Au-delà de l'ajustement des prix, le gouvernement annonce un dispositif destiné à soutenir l'approvisionnement du marché. " Le Gouvernement mettra en œuvre un mécanisme de paiement d'avances aux sociétés commerciales, avec l'appui des ministères sectoriels, afin de renforcer la constitution des stocks et garantir la disponibilité des produits ", peut-on lire dans le communiqué.

Dans cette même logique, les autorités introduisent un assouplissement des modalités financières. " Le Comité de Suivi a retenu le principe du paiement anticipé des avances au titre des PMAG, en amont du processus de certification trimestrielle, afin de tenir compte des contraintes de trésorerie liées à la conjoncture actuelle ", ajoute le document.

Cette décision intervient dans un contexte international marqué par de fortes tensions. La contraction de certains flux en provenance d'Europe et du Moyen-Orient, combinée aux risques géopolitiques autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz, contribue à renchérir les coûts d'importation pour les pays africains dépendants. Des données de Kpler, rapportées par Reuters, font état d'une recomposition rapide des flux vers le continent, tandis que Bloomberg souligne une hausse des primes d'assurance maritime et des coûts de fret.

Dans ce contexte, Kinshasa cherche à sécuriser et diversifier ses sources d'approvisionnement. Selon le ministère de l'Économie, une mission officielle s'est récemment rendue au Nigeria pour échanger avec le groupe dirigé par Aliko Dangote. L'objectif est d'examiner " la possibilité d'un approvisionnement direct du marché congolais ", afin de réduire la dépendance à un circuit unique et d'anticiper les fluctuations internationales.

Les évolutions observées sur le marché régional donnent du crédit à cette option. D'après Reuters, les livraisons de produits raffinés en provenance de cette raffinerie ont atteint environ 214 000 barils par jour depuis début mars 2026, contre près de 100 000 en février. Dans le même temps, les volumes à destination de l'Afrique ont plus que doublé en l'espace d'un mois.

En amont de cette séquence, les autorités congolaises avaient déjà engagé, fin mars, des mesures d'urgence, notamment le renforcement des avances aux importateurs et l'accélération des procédures de dédouanement, afin de préserver la continuité des approvisionnements.

 

Perton Biyiha

Publié le 17/04/26 15:31

La Rédaction

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