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Sénégal : Cheikh Oumar Bâ pour relever les défis de la transformation agricole

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Le Sénégal connaît des changements stratégiques dans plusieurs départements ministériels. Celui de l'Agriculture est désormais confié à Cheikh Oumar Bâ. Il était jusque-là, conseiller en agriculture du président de la République Bassirou Diomaye Faye. À ce ministère, il remplace l'ancien vice-président de la BIDC, Dr Mabouba Diagne, qui, consulté a préféré ne pas être reconduit.

Socio-anthropologue de formation, Cheikh Oumar Bâ, au début des années 2000, a dirigé le Bureau d'Analyse Macro-économique (BAME) de l'ISRA, Institut sénégalais de recherches agricoles, où il contribue à rapprocher la recherche agronomique des besoins stratégiques de l'État. Une expérience qui avait pour vocation de développer une approche fondée sur les données scientifiques, l'analyse des territoires et la compréhension des réalités sociales du monde rural.

Il a également été directeur exécutif de l'Initiative Prospective Agricole et Rurale. Il s'agit d'une think tank sur les politiques agricoles, pastorales et rurales. Ses points d'attention majeurs sont les enjeux tels que la gouvernance foncière, l'agroécologie, l'emploi des jeunes ruraux, les migrations, la résilience climatique ainsi que la modernisation des systèmes de production agricole et d'élevage.

Cheikh Oumar Bâ a aussi travaillé durant plusieurs années avec les organisations paysannes, les éleveurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions internationales comme la FAO, le FIDA et la Banque mondiale, dans une dynamique de co-construction des politiques publiques agricoles.

Un secteur à défi

Cheikh Oumar Bâ arrive à la tête du ministère de l'Agriculture, dans un contexte où les défis sont multiples. D'abord, le pays peine à atteindre ses objectifs de souveraineté. L'agenda lancé en 2023, évalué à 5000 milliards FCfa peine à livrer les résultats escomptés. En 2025, la facture des importations de riz au Sénégal a dépassé les 200 milliards de FCFA dès le premier semestre. Le pays, qui consomme près de 1,5 à 1,7 million de tonnes par an, a importé environ 1,6 million de tonnes durant cette campagne.

Ainsi se pose le véritable problème de la valorisation du riz local cultivé dans la vallée du fleuve Sénégal notamment dans les régions du Nord. Malgré les multiples appels du Gouvernement à la préférence locale, le riz importé domine encore impactant ainsi la balance commerciale et la compétitivité des acteurs locaux.

L'autre défi majeur à relever est la conservation et le stockage pour les produits maraîchers. Car pour l'oignon le Sénégal connaît d'importantes productions occasionnant ainsi un excédent annuel de plus de 100 000 tonnes. Cependant, le pays recourt toujours aux importations car le secteur souffre de pertes post-récoltes. 30% des produits pourrissent chaque année entre les mains des producteurs, faute de structures de stockage. Cette difficulté identifiée peine à être solutionnée.

Le nouveau gouvernement devra également s'atteler à faire de l'industrialisation, une réalité, comme envisagé dans l'Agenda 2050, référentiel économique du pays. Ce qui permet de transformer la matière première et éviter l'exportation des produits bruts. Des points qui constituent des maillons faibles de la chaîne agricole et alimentaire sénégalaise.

Pour rappel, le budget alloué à la campagne agricole connaît une tendance croissante depuis 2020. Il a évolué de 90 milliards FCFA en cinq ans. II est passé de 40 milliards FCFA à 60 milliards FCFA en 2021 puis à 80 milliards FCFA en 2022, avant d'atteindre 100 milliards FCFA en 2023, puis à 120 milliards FCFA en 2024. Et 130 milliards FCFA en 2025.

Publié le 03/06/26 09:46

Mouhamadou Dieng

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