La Banque mondiale poursuit son engagement en faveur du Burkina Faso. L'institution a annoncé dans un communiqué publié ce 15 juillet, l'approbation d'un nouveau projet de 120 millions de dollars, soit 66,81 milliards FCFA, destiné à soutenir les efforts du gouvernement burkinabè, pour renforcer les systèmes de protection sociale, favoriser l'inclusion économique et améliorer la résilience des populations les plus exposées aux chocs économiques, sécuritaires et climatiques.
Cette nouvelle opération marque le renouvellement du partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et le Burkina Faso dans le domaine de la protection sociale, un secteur devenu stratégique dans un contexte marqué par les déplacements de populations, la pauvreté persistante et les effets du changement climatique.
Ce financement est composé d'un crédit de 100 millions de dollars de l'Association internationale de développement (IDA), branche de la Banque mondiale dédiée au financement des pays à faible revenu, et d'un don de 20 millions de dollars du Programme de protection sociale adaptative au Sahel. Il accompagnera pendant cinq ans la mise en œuvre d'un vaste programme d'autonomisation économique ciblant notamment les ménages pauvres, les personnes déplacées internes et les rapatriés. Au total, 120 000 bénéficiaires devraient être directement accompagnés grâce à ce dispositif.
Au-delà de l'assistance sociale, le projet ambitionne de renforcer durablement les capacités économiques des ménages vulnérables. Les interventions porteront notamment sur le développement des compétences professionnelles, l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l'accès aux soins de santé, autant de facteurs essentiels pour favoriser l'accès à des emplois plus productifs et améliorer les conditions de vie. Une attention particulière sera accordée aux personnes déplacées internes, aux rapatriés ainsi qu'à l'autonomisation économique des femmes, considérée comme un levier majeur de réduction de la pauvreté.
Le programme entend également accroître la résilience des ménages face aux crises climatiques et aux autres chocs susceptibles d'affecter leurs revenus et leurs moyens d'existence. Le projet prévoit d'améliorer les programmes sociaux, les systèmes d'information et les outils de gestion afin de rendre les interventions publiques plus efficaces, mieux coordonnées et davantage adaptées aux besoins des populations. Une priorité sera accordée au renforcement du registre social national, mis en place au cours de la précédente décennie, afin d'élargir sa couverture et d'améliorer l'identification des bénéficiaires.
Le registre sera progressivement interconnecté avec d'autres bases de données stratégiques, notamment celles relatives aux personnes déplacées internes et au système d'assurance maladie, permettant ainsi un ciblage plus précis et plus inclusif des bénéficiaires des programmes sociaux.
Cette nouvelle opération s'appuie sur les résultats du projet Burkina Naong Sa Ya (‘'Mettre fin à la pauvreté''), mis en œuvre entre 2014 et 2024. Ce programme avait permis de fournir une assistance sociale à plus d'un million de bénéficiaires et de poser les bases du registre social national, aujourd'hui considéré comme un outil essentiel pour le déploiement des politiques sociales au Burkina Faso. Forte de ces acquis, la Banque mondiale entend désormais accompagner une nouvelle génération de programmes combinant protection sociale et inclusion économique.
Publié le 18/07/26 17:25
Narcisse Angan
SN
CEMAC