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Le Ghana veut produire 70% de son carburant localement grâce à sa 1ère raffinerie privée et à la relance de Tema

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Le Ghana, premier producteur d'or d'Afrique, mais encore fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés, ambitionne désormais de couvrir 70% de ses besoins nationaux en carburant grâce au raffinage local, en s'appuyant sur l'expansion de sa première raffinerie privée, Sentuo, et la modernisation de la raffinerie publique de Tema. Cette stratégie, portée par le gouvernement, vise à renforcer la sécurité énergétique, stimuler l'industrialisation et positionner le pays comme un futur hub pétrolier en Afrique de l'Ouest.

L'annonce a été faite par le ministre ghanéen de l'Énergie et de la Transition écologique, John Abdulai Jinapor, à l'occasion de la 7e conférence internationale du pétrole du Ghana (GhIPCon 2026), organisée à Accra, la capitale, les 16 et 17 juillet dernier. Pour les autorités, le raffinage local constitue désormais un levier essentiel, afin de réduire la facture des importations de carburants, de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire et de soutenir la croissance économique.

Au centre de cette ambition figure la raffinerie privée de Sentuo, première du genre au Ghana. Construite par un groupe chinois pour un investissement de 1,98 milliard de dollars, elle est entrée en production en janvier 2024 avec une capacité initiale de 40 000 barils par jour. Le site fait actuellement l'objet d'un important programme d'extension financé par un prêt de 200 millions de dollars, coordonné par Ecobank Ghana, qui permettra de porter sa capacité de traitement à 100 000 barils par jour, faisant de Sentuo l'un des principaux outils de raffinage de la sous-région.

Parallèlement, le gouvernement poursuit la relance de la raffinerie publique de Tema Oil Refinery (TOR). Après plusieurs années d'arrêt, l'installation a repris ses activités en décembre 2025 et traite actuellement environ 28 000 barils par jour, contre une capacité installée de 45 000 barils quotidiens. Les autorités ont confirmé leur volonté d'accroître davantage cette capacité, même si le coût et le calendrier de cette extension restent à préciser.

*Sécuriser l'approvisionnement en brut local*

Afin d'alimenter durablement les deux raffineries, le gouvernement a décidé d'affecter un million de barils de pétrole brut provenant du champ offshore Jubilee au raffinage national. Les prochaines allocations devraient privilégier la raffinerie de Tema, afin de garantir une alimentation régulière des installations. Grâce au développement simultané de Sentuo et de Tema, Accra entend réduire significativement sa dépendance aux importations de carburants tout en renforçant sa sécurité énergétique.

Cette nouvelle politique intervient après les fortes tensions enregistrées sur le marché international des carburants, notamment à la suite des perturbations survenues dans le détroit d'Ormuz. Fortement dépendant des importations de produits raffinés, le Ghana avait dû absorber une partie de la flambée des prix en subventionnant les carburants pendant plusieurs semaines afin de protéger les consommateurs. Pour le gouvernement, cette expérience a confirmé la nécessité de bâtir une véritable autonomie énergétique reposant sur des capacités nationales de raffinage, des infrastructures modernes de stockage et une diversification des chaînes d'approvisionnement.

Au-delà de la satisfaction de la demande intérieure, le Ghana nourrit des ambitions régionales. Les autorités souhaitent transformer le pays en pôle énergétique et pétrolier majeur en Afrique de l'Ouest, capable d'approvisionner également les marchés voisins. Cette stratégie s'inscrit dans un mouvement plus large de montée en puissance des capacités de raffinage en Afrique de l'Ouest, dominé aujourd'hui par le Nigeria et sa raffinerie Dangote de 650 000 barils par jour. Contrairement à son voisin, le Ghana ne cherche toutefois pas à rivaliser directement avec cette capacité, mais plutôt à satisfaire l'essentiel de sa demande nationale tout en développant progressivement des débouchés régionaux.

Publié le 18/07/26 17:36

Narcisse Angan

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