Le Burkina Faso franchit un nouveau cap dans la reconquête de ses leviers économiques. Les autorités du pays ont en effet acté lors du conseil des ministres de ce 16 avril, la nationalisation totale de la SOFITEX, pilier historique de la filière coton. Désormais, l'État burkinabè devient l'unique actionnaire de cette société stratégique, marquant une rupture assumée avec le modèle de gouvernance antérieur.
Jusqu'ici détenue à 89% par l'État, aux côtés de participations minoritaires publiques et privées, la SOFITEX passe intégralement sous contrôle public. Deux décrets adoptés entérinent à la fois la nationalisation de l'entreprise et l'approbation de ses nouveaux statuts.
Dotée d'un capital social de 19,5 milliards FCFA, l'entreprise constitue l'épine dorsale de la production cotonnière du pays, un secteur vital pour l'économie burkinabè, tant en termes d'exportations que de revenus pour des milliers de producteurs. Cette décision s'inscrit dans une dynamique plus large engagée depuis 2024, marquée par une série de nationalisations dans des secteurs jugés stratégiques, notamment les mines et plusieurs industries agroalimentaires.
Derrière ce choix politique fort se cache une réalité économique préoccupante. La SOFITEX fait face depuis plusieurs années à des difficultés structurelles profondes. Parmi celles-ci figurent un endettement financier lourd, des coûts de fonctionnement élevés et des retards récurrents dans les paiements aux producteurs, un facteur de tension majeur dans une filière déjà exposée à la volatilité des prix internationaux du coton. À ces contraintes internes s'ajoutent des pressions extérieures, notamment la hausse des coûts des intrants et des matières premières sur les marchés mondiaux, qui fragilisent davantage la rentabilité de l'entreprise.
Relancer la filière coton, pilier de l'économie
Le Burkina Faso demeure l'un des principaux producteurs de coton en Afrique de l'Ouest. La filière représente un levier essentiel de croissance et un soutien direct à des centaines de milliers de ménages ruraux. En reprenant la totalité du capital de la SOFITEX, l'État espère stabiliser la production, renforcer la résilience face aux chocs extérieurs et impulser une nouvelle dynamique industrielle autour du coton. L'enjeu est de transformer une entreprise fragilisée en un outil performant au service du développement national.
Publié le 18/04/26 14:08
Narcisse Angan
SN
CEMAC