Le Nigeria veut accélérer sa marche vers l'autosuffisance sucrière. Ainsi, le NSDC (Conseil national de développement du sucre), le régulateur de la filière sucrière, a mobilisé un portefeuille d'investissements de plus d'un milliard de dollars, soit environ 550 milliards FCFA, destiné à accroître la production locale de sucre et réduire par conséquent, la facture des importations, qui avoisine actuellement le même montant chaque année.
Cette enveloppe constitue l'un des principaux leviers de la nouvelle stratégie nigériane visant à transformer en profondeur la filière sucrière. Elle repose notamment sur un partenariat d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC), assorti d'un financement, conclu avec le groupe chinois SINOMACH, ainsi que sur la création d'un fonds destiné à accélérer le développement de nouvelles plantations de canne à sucre. Le secrétaire exécutif du NSDC, Kamar Bakrin, cité par des sources locales, a dévoilé ce programme d'investissement au cours d'une cérémonie ce 17 août à Abuja.
Dans le détail, le portefeuille comprend en premier lieu un partenariat EPC-financement de 1 milliard de dollars avec SINOMACH. À cela s'ajoute un fonds d'accélération des projets sucriers de 7,36 millions de dollars, mis en place avec la Banque de l'industrie (BoI), destiné à préparer de nouvelles plantations à l'investissement dans le cadre du programme d'intégration verticale en amont. L'objectif est d'accroître rapidement les capacités nationales de production et réduire la dépendance du pays vis-à-vis du sucre importé.
Le Nigeria consomme actuellement environ 1,8 million de tonnes de sucre par an, tandis que sa production locale demeure insuffisante pour couvrir cette demande. Cette situation contraint le pays à importer massivement et à consacrer près de 1 milliard de dollars par an à ses approvisionnements extérieurs. À travers le Plan directeur du sucre du Nigeria (NSMP) 2.0, le NSDC vise désormais une production locale d'environ 2 millions de tonnes par an, soit un niveau légèrement supérieur à la consommation actuelle.
La stratégie du Nigeria ne se limite toutefois pas à la production de sucre. Le NSDC entend faire de la canne à sucre le socle d'une chaîne de valeur bio-industrielle beaucoup plus large. Les investissements doivent ainsi favoriser le développement de plusieurs débouchés, notamment l'éthanol, l'alimentation animale et la production d'énergie. Cette diversification pourrait améliorer la rentabilité globale des plantations et permettre de valoriser différents sous-produits de la canne. Le Conseil travaille par ailleurs avec Afreximbank et le Forum des gouverneurs du Nigeria pour accélérer le développement des plantations dans les différents États du pays.
Publié le 17/08/26 19:34
Narcisse Angan
SN
CEMAC