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Nigéria : Un double dispositif en ligne pour encadrer promoteurs et transactions immobilières

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Avec un déficit de logements estimé à 28 millions d'unités et une urbanisation qui touche déjà plus de la moitié de la population, les enjeux immobiliers sont explosifs au Nigéria. Les escroqueries liées à la vente illégale de terrains ou à des projets fictifs de lotissements alimentent la méfiance des ménages et freinent les investissements dans la pierre, pourtant considérée comme une valeur refuge. Selon les données du cabinet The Trusted Advisors, près de 65% des affaires civiles portées devant les tribunaux concernent des litiges fonciers.

Ainsi, face à cette recrudescence des litiges fonciers et des pratiques frauduleuses dans le secteur immobilier, le gouvernement fédéral du Nigéria vient de franchir un pas décisif. En effet, le ministère en charge du Logement et du Développement urbain, a procédé au lancement de deux plateformes numériques destinées à renforcer la transparence, protéger les citoyens et restaurer la confiance dans un marché miné par les arnaques et les malversations.

Développée en partenariat avec la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), la première plateforme accessible à l'adresse https://reports.fmhud.gov.ng, devrait permettre de traquer les promoteurs véreux et autres intermédiaires peu scrupuleux. Les citoyens pourront y soumettre des plaintes, fournir des preuves et suivre l'évolution de leurs dossiers.

‘'Notre objectif est simple : un secteur immobilier où les Nigérians peuvent investir et devenir propriétaires en toute confiance, sans crainte de fraude'', a déclaré Ahmed Musa Dangiwa, ministre du Logement et du Développement urbain, dans un communiqué publié ce 26 août. Il a averti que les contrevenants seront désormais poursuivis ‘'avec toute la rigueur de la loi'', en coordination avec la justice, les forces de l'ordre et les associations professionnelles.

Une surveillance accrue des projets immobiliers

La seconde plateforme est le Contract performance and compliance project monitoring system (CPCPMS), un outil destiné au suivi des projets de logement. Il offre un tableau de bord en temps réel, des indicateurs de performance pour les entrepreneurs, des mises à jour directement envoyées depuis les chantiers, ainsi qu'un référentiel centralisé pour les documents contractuels. L'objectif : mettre fin aux projets fantômes, améliorer la redevabilité des promoteurs et assurer une meilleure utilisation des fonds publics et privés.

Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre de la Politique nationale du logement de 2012, qui impose une réglementation plus stricte et un encadrement accru des acteurs du secteur. Le texte prévoit notamment la certification obligatoire des promoteurs immobiliers et la création d'une commission nationale de régulation du logement. Pour les autorités, la numérisation du contrôle est un moyen de couper court aux manipulations administratives, d'accélérer les enquêtes et de donner plus de pouvoir aux citoyens. 

Le lancement de ces outils intervient alors que le Nigéria cherche à stimuler l'investissement immobilier local et étranger, dans un contexte où le foncier demeure une source majeure de tensions sociales et économiques. En rendant plus difficile la fraude et en améliorant la traçabilité des projets, le gouvernement espère rétablir la confiance, attirer davantage de capitaux et accélérer la réduction du déficit de logements. Pour de nombreux observateurs, cette initiative pourrait faire école dans d'autres secteurs confrontés à des problèmes similaires de transparence et de gouvernance. Mais son efficacité dépendra largement de la capacité des institutions à traiter rapidement les plaintes et à sanctionner effectivement les fraudeurs.

Publié le 27/08/25 21:15

Narcisse Angan

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