L'agence de notation américaine Standards & Poor's Global Ratings (S&P) a annoncé dans un rapport publié le 28 juillet dernier avoir amélioré la notation de crédit souverain à long et court terme du Congo de “CCC”+ à “B-” et de “C” à “B” respectivement. Brazzaville rejoint le cercle des pays africains classés dans cette catégorie par l'agence parmi lesquels le Cameroun, la Côte d'Ivoire ou encore la RD Congo.
S&P a justifié cette amélioration de la note du Congo par une nette atténuation des conditions de liquidités du pays soutenue par de solides perspectives d'un secteur pétrolier en pleine relance. L'agence s'attend, en effet, à ce que la production de pétrole brut atteigne la barre de 300 000 barils par jour (bpj) d'ici 2026, contre 263 000 bpj en 2022, “car les problèmes techniques et d'investissement qui ont nui à la production se sont atténués, tandis que les prix du pétrole restent raisonnablement élevés ”. Des résultats positifs soutenus par la hausse du cours du baril qui, selon l'agence, devraient atteindre en moyenne 83 $ le baril en 2023 puis remonter à 85 $/baril entre 2024 et 2026.
La manne pétrolière devrait ainsi gonfler les revenus du gouvernement lui permettant de dégager “d'importants excédents budgétaires”. Cette dynamique sera soutenue par une réduction des dépenses internes (notamment celles allouées aux subventions de carburant) dans le sillage des réformes que le pays mène avec le concours du Fonds Monétaire International(FMI).
“L'approbation de la troisième revue du programme actuel du FMI en juillet indique une amélioration de la dynamique de réforme au Congo-Brazzaville, ce qui devrait contribuer à alléger la liquidité en facilitant un soutien supplémentaire des créanciers publics ”, relève l'agence.
Tensions sur l'or noir
S&P a également mis en avant, pour justifier sa notation, la solvabilité du Congo qui a contribué à lisser son profil de crédit, nettement détérioré après les défauts de paiements sur ses euro-obligations en 2016 et 2017. L'agence a déclaré que le pays honore ses engagements “malgré des conditions de liquidité serrées en 2020 en raison de la pandémie et du choc des prix du pétrole”.
Cependant, compte tenu d'un “calendrier d'amortissement serré”, le service de la dette devrait absorber l'essentiel de l'embellie générée par les recettes pétrolières, et moins impacter sur la croissance qui va ralentir passant de 3,5% en 2023 à 3,1% en 2024 puis 2,7% en 2025. “Nous prévoyons que l'amortissement de la dette l'emportera sur la capacité du pays à générer des excédents en 2023-2026. Le remboursement de la dette s'élevant en moyenne à 7,6 % du PIB entraînera probablement un déficit de financement représentant 4,6 % du PIB” pointe l'agence.
Bien plus, la volatilité des cours de l'or noir, compte tenue de la trop forte dépendance du Congo, pourrait impacter négativement sur les perspectives économiques, les équilibres extérieurs et budgétaires du pays, prévient S&P. Selon l'agence américaine, le secteur pétrolier contribue à environ 60 % des recettes publiques et à 80 % des exportations ce qui signifie qu'un nouveau choc sur les prix du pétrole “pourrait assombrir les perspectives économiques” du pays.
Cédrick Jiongo
Publié le 01/08/23 15:56
La Rédaction
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CEMAC