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Orpaillage clandestin : Des chercheurs ivoiriens proposent des capteurs de pointe pour surveiller la pollution des eaux

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Des enseignants-chercheurs ivoiriens ont présenté des solutions technologiques pour lutter contre la pollution de l'eau causée par l'orpaillage clandestin, lors d'une rencontre organisée par le Fonds pour la science, la technologie et l'innovation (FONSTI), le jeudi 8 octobre 2026, à Abidjan.

Face à la contamination chimique des rivières, le Dr. Seiny Roger N'Dri de l'École normale supérieure (ENS) d'Abidjan a mis au point un dispositif de contrôle environnemental. Son innovation repose sur un capteur dédié à la détection du mercure et un capteur électrochimique conçu pour repérer le cyanure. Ces instruments sont accompagnés de fiches écologiques destinées à cartographier les zones touchées.

D'autres universitaires ont proposé des approches complémentaires. Le Dr. Kouassi Bruno Kpangui de l'Université Jean-Lorougnon Guédé de Daloa travaille sur la réhabilitation des sols par le remblayage des fosses et la fertilisation afin de relancer la culture du piment, du manioc ou de la tomate sans transfert de polluants.

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De son côté, le Dr. Sandotin Lassina Coulibaly de l'Université de Man préconise la dépollution par les plantes (phytoremédiation) et la transformation des résidus miniers en matériaux de construction comme des briques ou des tuiles.

Selon le Professeur Bernard Ossey Yapo, directeur général du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), la dégradation environnementale s'accompagne d'impacts économiques et territoriaux majeurs. Pour l'État, les pertes fiscales annuelles sont estimées à 744 milliards FCFA, tandis que 4 600 milliards FCFA d'or sont écoulés hors des circuits officiels.

Au niveau géographique, 20 régions sur 31 sont affectées, avec 545 sites encore actifs répartis dans 55 départements, notamment à Tabou, Séguéla, Zouan-Hounien, Dabakala et Daoukro.

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Sur le terrain, 8 524 opérations de déguerpissement ont déjà été exécutées par les autorités. Ces actions s'inscrivent dans le cadre d'un programme d'urgence de 36 mois doté d'un budget de 45 milliards FCFA. Ce plan prévoit la restauration des zones dégradées, la sécurisation de 4 100 bassins de cyanurisation et de mercurisation, la remise en état de 1 355 hectares de terres agricoles, la réhabilitation de 60 km de cours d'eau ainsi que la réinsertion socioprofessionnelle de 5 000 anciens orpailleurs.

Pour rappel, au-delà des travaux du FONSTI, l'extraction illégale d'or constitue un fléau majeur pour l'Afrique de l'Ouest, menaçant directement les écosystèmes et la biodiversité. Face à ce phénomène qui prospère dans des zones isolées et loin du regard, l'imagerie satellitaire offre également un moyen de surveillance efficace. Utiles pour les enquêtes judiciaires comme pour la sensibilisation, ces données satellitaires révèlent l'ampleur des dégâts sociaux, sanitaires et agricoles, en mettant en évidence leur conséquence la plus critique : la pollution des eaux.

Anselme Akéko

Publié le 09/10/26 13:00

La Rédaction

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