La Banque mondiale alerte sur un défi d'une ampleur inédite : près de 1,2 milliard de jeunes des économies émergentes et en développement atteindront l'âge de travailler entre 2025 et 2035. Pour transformer cette poussée démographique en moteur de croissance plutôt qu'en facteur de vulnérabilité, l'expérience de 5 économies met en évidence 3 conditions déterminantes : investir dans les infrastructures, améliorer l'environnement des affaires et mobiliser davantage de capitaux privés.
L'enjeu est particulièrement aigu en Afrique subsaharienne ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où cette vague démographique sera, selon l'étude, la plus importante jamais enregistrée. ‘'Le défi mondial de l'emploi est considérable, mais il n'est pas une fatalité'', souligne le document.
5 pays, une même dynamique
L'Australie, le Chili, la Colombie, la République de Corée et Singapour ont connu des phases prolongées de forte création d'emplois, malgré des trajectoires économiques très différentes. Durant ces périodes, l'emploi s'est accru en moyenne de 3,4% par an, soit environ 2 fois plus rapidement que durant les autres années.
Cette accélération s'est accompagnée d'une hausse du taux d'activité et d'un recul du chômage. La production a, elle aussi, progressé à un rythme supérieur d'environ 50% à celui observé en dehors de ces épisodes, tandis que les investissements ont augmenté de près de 10% par an, soit presque 4 fois leur rythme habituel.
Infrastructures, climat des affaires et capitaux
Premier enseignement, les infrastructures constituent un socle indispensable à l'emploi. Transports, connectivité numérique, éducation et services publics ont permis aux entreprises d'accroître leur productivité et d'évoluer vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
Deuxième levier, l'amélioration du climat des affaires. Une gestion macroéconomique crédible, des institutions solides et une réglementation plus efficace réduisent l'incertitude et encouragent les entreprises à investir et à recruter. Au Chili et en Colombie notamment, les réformes fiscales, monétaires et du marché du travail ont accompagné l'accélération de l'emploi.
Enfin, le secteur privé apparaît comme un relais central du financement de la croissance. Réformes des marchés de capitaux, mobilisation de l'épargne, privatisations et partenariats public-privé ont contribué à accroître les ressources disponibles pour l'investissement.
L'étude ne propose toutefois pas de recette universelle. Elle met plutôt en évidence un principe fondamental : ‘'la création d'emplois soutenue a été favorisée par des politiques complémentaires et se renforçant mutuellement''. Pour les économies en développement, le véritable enjeu sera donc moins de reproduire ces modèles que d'en adapter les ressorts à leurs propres contraintes.
Publié le 12/08/26 12:54
La Rédaction
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CEMAC