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Pays en développement : Des réformes fiscales pourrait accroître les recettes de 1,2 point de PIB

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Le renforcement des administrations fiscales pourrait générer des gains budgétaires considérables, notamment dans les économies émergentes et en développement (EMDE), selon un article publié par le Fonds monétaire international (FMI) le 24 octobre 2025, intitulée ‘'Enhancing Tax Capacity : Revenue Gains from Strengthening Tax Administration''.

L'étude, menée sur 121 pays entre 2014 et 2022, estime qu'une amélioration significative de la capacité administrative peut augmenter le ratio impôts/PIB d'environ 1,2 point, une hausse substantielle pour des économies où la pression fiscale moyenne demeure inférieure à 15% du PIB.

Des effets amplifiés dans les économies émergentes

Le rapport montre que les gains de recettes sont deux fois plus élevés dans les pays émergents que dans les pays à faible revenu. Ces derniers restent freinés par la taille de l'économie informelle, la faiblesse institutionnelle et une dépendance excessive à l'agriculture ou aux matières premières. En revanche, les pays émergents disposant de structures administratives plus solides et d'une meilleure gouvernance transforment plus efficacement les réformes fiscales en recettes nouvelles.

Cette conclusion corrobore l'hypothèse dite du ‘'seuil des 15% du PIB'' : en deçà de ce niveau, les États peinent à financer leurs services essentiels et à stabiliser leurs finances publiques. Les réformes de l'administration fiscale deviennent alors un préalable à la soutenabilité budgétaire et au développement institutionnel.

Une méthodologie inédite et rigoureuse

Les chercheurs du FMI ont construit un indice de solidité opérationnelle (Operational Strength Index, OSI) pour mesurer la performance des administrations fiscales, fondé sur neuf dimensions clés : gestion du risque de conformité, usage des données tierces, digitalisation, services aux contribuables, autonomie institutionnelle, transparence publique et gouvernance interne.

À l'aide d'une approche économétrique instrumentale, l'équipe a exploité l'intensité des programmes d'assistance technique du Département des affaires fiscales (FAD) du FMI pour isoler l'effet causal des réformes sur les recettes. Résultat, un renforcement marqué de l'OSI, équivalent à un passage du 33e au 67e centile, se traduit par une hausse moyenne de 1,2 point du ratio impôts/PIB.

Les déterminants du succès

Les effets positifs du renforcement administratif dépendent toutefois du contexte structurel. Les gains sont plus élevés dans les pays disposant d'un secteur financier développé, d'un bon contrôle de la corruption et d'un niveau d'informalité plus faible. À l'inverse, lorsque l'économie repose sur l'agriculture de subsistance ou les exportations pétrolières, les marges de progression sont limitées.

Les auteurs soulignent aussi que les bénéfices les plus importants proviennent des impôts indirects, comme la TVA, plus faciles à administrer que l'impôt sur le revenu ou les taxes foncières. Cela confirme une tendance observée dans de nombreuses économies africaines, où la modernisation de la TVA constitue le principal levier de mobilisation de ressources domestiques.

Enfin, l'étude attribue une partie du succès des réformes à la coopération internationale. Les programmes de renforcement des capacités conduits par le FMI et ses partenaires (Banque mondiale, CIAT, OCDE) ont un effet mesurable sur la performance fiscale des pays bénéficiaires. Les auteurs insistent sur la nécessité d'un engagement politique de long terme et d'un suivi continu des résultats pour pérenniser les avancées.

Publié le 29/10/25 13:08

Dr Ange Ponou

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