Le constructeur automobile chinois BYD a rencontré, vendredi 11 septembre 2026, les responsables de l'Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) de la République démocratique du Congo. Selon les conclusions rendues publiques par l'agence, les discussions ont porté sur plusieurs projets d'investissement que le groupe envisage de développer dans le pays, avec un accent particulier sur le transport urbain.
Premier constructeur mondial de véhicules électriques, BYD a présenté à l'ANAPI plusieurs axes d'intervention possibles. Le communiqué de l'agence cite notamment l'introduction de bus électriques, le montage local de véhicules et la fabrication de batteries. Le groupe chinois souhaite également explorer des solutions de stockage et de production d'énergie.
Pour l'ANAPI, cette diversification de l'offre de transport pourrait accompagner le remplacement progressif des véhicules vétustes qui circulent dans les grandes villes congolaises. L'agence évoque également la possibilité de voir émerger, selon ses termes, " une chaîne de valeur autour des batteries et du stockage d'énergie ", susceptible de générer des emplois et de favoriser le transfert de compétences vers les acteurs nationaux.
À ce stade, les échanges du 11 septembre n'ont toutefois débouché sur aucun engagement financier. Les discussions doivent néanmoins se poursuivre afin de préciser la nature des projets envisagés, leurs besoins en infrastructures ainsi que les modalités concrètes d'une éventuelle implantation du constructeur chinois en RDC.
Dans cette perspective, l'ANAPI s'est dite disposée à accompagner BYD dans " ses démarches administratives et réglementaires ". Elle a invité le groupe à la " saisir formellement afin d'organiser les échanges avec les ministères et les autres parties prenantes concernées ". L'agence lui a également présenté " les avantages fiscaux et douaniers susceptibles de s'appliquer aux projets éligibles au Code des investissements dans les transports, l'industrie automobile et l'énergie ".
L'intérêt de BYD intervient alors que la RDC cherche à tirer davantage parti de ses ressources minières stratégiques, notamment du cobalt. Premier producteur mondial de ce minerai, le pays fournit plus de 70 % de l'offre mondiale. Une éventuelle implantation industrielle du groupe chinois permettrait ainsi au constructeur de se rapprocher de sa source d'approvisionnement, tout en s'inscrivant dans les efforts de Kinshasa visant à développer la transformation locale et la commercialisation directe du cobalt auprès des industriels.
La RDC, terrain de compétition pour plusieurs constructeurs
L'intérêt affiché par BYD pour le marché congolais intervient dans un secteur où plusieurs acteurs ont déjà engagé des initiatives dans la mobilité électrique. À Kinshasa, des véhicules et motos électriques de la marque Okapi, assemblés localement, ont ainsi été présentés en mars 2026, avec un dispositif de recharge solaire. À Goma, Altech Group développe de son côté un service de location de motos électriques destiné aux taxis-motos, avec le soutien du Beyond the Grid Fund for Africa.
D'autres constructeurs étrangers explorent également le potentiel du marché congolais. Le vietnamien VinFast, filiale automobile de Vingroup, a annoncé en décembre 2025 un projet portant sur l'introduction potentielle de 60 000 à 120 000 véhicules électriques en RDC, un objectif qui reste à confirmer. De son côté, Spiro, spécialiste des motos électriques et des stations d'échange de batteries, a levé 215 millions de dollars en juin 2026 pour soutenir son expansion africaine, la RDC figurant parmi les marchés envisagés.
Claude Paul Tjeg
Publié le 18/09/26 09:19
La Rédaction
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