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Réassurance en Afrique : CICA-RE réalise un bénéfice de 11,3 milliards FCFA en 2024, en hausse de 13%

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Dans un environnement assurantiel africain en pleine mutation, CICA-RE, Compagnie commune de réassurance des Etats membres de la Conférence interafricaine des marchés d'assurances, confirme son statut d'acteur structurant de la réassurance régionale.

À la lecture de son 41e rapport annuel, la compagnie affiche une trajectoire de croissance soutenue, portée par une diversification géographique maîtrisée et une montée en puissance de ses activités tant en Vie qu'en Non-Vie.

Une dynamique de croissance soutenue sur la décennie

L'exercice 2024 consacre une progression robuste du chiffre d'affaires, qui s'établit à 136,5 milliards FCFA, en hausse de 16,1% sur un an. Cette performance repose principalement sur l'expansion des souscriptions, aussi bien sur les traités Vie que Non-Vie.

Sur le temps long, la trajectoire impressionne. En l'espace de 10 ans, le volume d'activité a été multiplié par plus de 4, passant de 33,19 milliards FCFA en 2015 à plus de 136 milliards FCFA en 2024. Une évolution qui traduit l'ancrage progressif de la compagnie dans l'écosystème assurantiel africain.

Implantée à Lomé, la société s'appuie sur un dispositif opérationnel structuré autour de 4 pôles majeurs, couvrant l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale, l'Afrique du Nord et le siège, qui concentre près de la moitié de la production globale.

Une diversification géographique de plus en plus marquée

Si la zone relevant de la Conférence interafricaine des marchés d'assurances (CIMA) demeure centrale, représentant 49% du chiffre d'affaires, la dynamique la plus notable provient des marchés hors zone.

La succursale d'Afrique du Nord (+102,08% à 13,436 milliards FCFA) affiche ainsi une croissance exceptionnelle de plus de 100%, tandis que les activités hors Afrique (+24,81% à 19,740 milliards FCFA) progressent également de manière significative. Cette diversification atténue la dépendance aux marchés historiques et ouvre de nouveaux relais de croissance.

Dans le détail, l'Afrique de l'Ouest (+8,43% à 39,51 milliards FCFA) reste le principal contributeur régional (28,94% du chiffre d'affaires total), suivie par le siège de Lomé (+10,66% à 62,83 milliards FCFA), véritable centre névralgique de la production technique.

La domination persistante du ‘'Non-Vie''

L'analyse sectorielle confirme la prédominance des branches ‘'Non-Vie'', qui concentrent l'essentiel du portefeuille, soit 92% des primes générées. Les segments incendie, risques annexes et risques techniques représentent à eux seuls 63,80% du chiffre d'affaires global.

Les branches automobile et accidents (13% du montant total des primes), ainsi que les segments transport, aviation et énergie (12%) complètent ce socle, traduisant une exposition forte aux risques industriels et aux infrastructures.

En comparaison, l'activité ‘'Vie'' demeure encore marginale, avec une contribution de 8% du chiffre d'affaires. Elle affiche toutefois une progression notable, notamment dans certaines zones hors CIMA où la croissance dépasse les 100%, signe d'un potentiel de développement encore largement inexploité.

Une rentabilité solide malgré des disparités régionales

Sur le plan financier, la compagnie enregistre un bénéfice net de 11,3 milliards FCFA, en hausse de 13%. Là encore, la performance sur 10 ans est significative, avec un résultat net multiplié par plus de 3.

Le résultat technique global reste robuste, soutenu par une gestion prudente des risques et une politique de rétrocession maîtrisée. Toutefois, des disparités apparaissent selon les zones et les branches.

En zone CIMA, la branche Vie affiche une nette amélioration, tandis que le Non-Vie, bien que largement bénéficiaire, enregistre un léger repli par rapport à l'exercice précédent. Quelques marchés nationaux présentent également des fragilités ponctuelles, illustrant l'hétérogénéité du tissu assurantiel régional.

Une politique financière prudente et attractive

La stratégie financière de la compagnie conjugue renforcement des fonds propres et rémunération des actionnaires. Le dividende proposé au titre de l'exercice 2024 progresse de 4%, atteignant 62 500 FCFA par action, soit un taux de distribution de plus de 33% du bénéfice.

Dans le même temps, la société poursuit une politique d'accumulation de réserves, renforçant progressivement sa capacité d'absorption des chocs.

Le total du bilan s'inscrit également en hausse, à 261,8 milliards FCFA, traduisant l'élargissement du périmètre d'activité.

Une solvabilité au-dessus des standards

L'un des points saillants du rapport réside dans la solidité financière de la compagnie. Le niveau de fonds propres permet de couvrir plus de 5 fois les exigences réglementaires de solvabilité fixées par la réglementation CIMA.

La marge de solvabilité atteint ainsi 509% des exigences minimales, tandis que les indicateurs inspirés des standards internationaux demeurent également solides, avec une couverture supérieure aux seuils de référence.

Cette robustesse confère à la compagnie une capacité d'intervention accrue dans un environnement marqué par la montée des risques, qu'ils soient climatiques, industriels ou financiers.

Publié le 17/03/26 10:46

Dr Ange Ponou

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