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Sénégal : Porté par le dynamisme des recettes fiscales, le déficit budgétaire reste contenu à 1,4 % du PIB au 1er trimestre 2026

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Le Sénégal a entamé l'exercice budgétaire 2026 sur une note relativement favorable. À fin mars, le déficit budgétaire s'est établi à 333 milliards FCFA, soit 1,4 % du PIB, un niveau qui reste contenu au regard de l'objectif annuel fixé à 1 245,1 milliards FCFA, correspondant à 5,37 % du PIB.

Cette performance reflète une exécution budgétaire globalement maîtrisée au cours des trois premiers mois de l'année, soutenue par une progression robuste des recettes fiscales et un rythme encore modéré des dépenses publiques, notamment en matière d'investissement.

Les recettes portées par la dynamique fiscale

Les recettes du budget général ont atteint 1 149,7 milliards FCFA à fin mars, soit une hausse de 11,9 % par rapport à la même période de 2025. Elles représentent toutefois seulement 19,4 % de l'objectif annuel inscrit dans la loi de finances 2026, fixé à 5 932,2 milliards FCFA.

La principale source de cette progression demeure la fiscalité. Les recettes fiscales se sont élevées à 1 095,7 milliards FCFA, en augmentation de 14,1 % sur un an. Elles ont atteint 96,2 % de la cible trimestrielle fixée à 1 138,7 milliards FCFA.

Cette évolution est notamment attribuable à la bonne tenue des impôts directs, en particulier ceux liés aux activités pétrolières et gazières, ainsi qu'à la progression des impôts indirects intérieurs. Ces performances confirment l'importance croissante du secteur extractif dans la génération de ressources publiques depuis l'entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs d'hydrocarbures.

À l'inverse, les recettes non fiscales ont affiché un recul sensible. Elles se sont établies à 41 milliards FCFA, en baisse de 23,6 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette contraction s'explique principalement par le repli des dividendes et produits financiers ainsi que par la diminution des redevances radioélectriques.

Les dons ont, pour leur part, atteint 13 milliards FCFA, soit seulement 6,8 % de l'objectif annuel. Aucun décaissement d'appui budgétaire n'avait encore été enregistré à fin mars, les ressources mobilisées étant exclusivement constituées de dons en capital.

Des dépenses encore en phase de montée en charge

Face à cette progression des recettes, les dépenses publiques ont été exécutées à hauteur de 1 482,7 milliards FCFA au premier trimestre, représentant 20,6 % des prévisions inscrites dans la loi de finances initiale.

Ce niveau relativement modéré traduit le profil classique de l'exécution budgétaire sénégalaise, les dépenses d'investissement ayant généralement tendance à s'accélérer au cours de la seconde partie de l'année.

Les dépenses ordinaires demeurent la principale composante du budget. Elles ont atteint 1 185,5 milliards FCFA, soit 27,1 % des prévisions annuelles. Les transferts courants ont représenté 445,7 milliards FCFA, tandis que la masse salariale de l'État s'est établie à 375,1 milliards FCFA.

Les investissements publics affichent en revanche un rythme d'exécution nettement plus faible. Les dépenses en capital ont été réalisées à hauteur de 297,2 milliards FCFA, soit seulement 10,6 % des prévisions annuelles.

Sur ce montant, 160,8 milliards FCFA ont été financés sur ressources internes. Les transferts en capital concentrent l'essentiel de cette enveloppe avec 157,5 milliards FCFA, contre seulement 3,3 milliards FCFA d'investissements directement exécutés par l'État.

Une trajectoire budgétaire sous surveillance

Si les résultats du premier trimestre traduisent une certaine discipline budgétaire et une mobilisation satisfaisante des recettes, les prochains mois seront déterminants pour évaluer la capacité des autorités à maintenir cette trajectoire.

L'accélération attendue des investissements publics, la poursuite de la montée en puissance des recettes issues du secteur pétrolier et gazier ainsi que la mobilisation effective des financements extérieurs constitueront autant de facteurs clés dans l'atteinte de l'objectif budgétaire annuel.

Dans un contexte marqué par les efforts de consolidation des finances publiques et les attentes des partenaires financiers internationaux, la trajectoire du déficit sénégalais restera l'un des principaux indicateurs suivis par les marchés et les institutions de développement tout au long de l'année 2026.

Publié le 16/06/26 09:40

Mouhamadou Dieng

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