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Tchad : 8 milliards de la BAD pour réformer les finances publiques et améliorer le climat des affaires

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Le Tchad et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé, ce 20 août 2026 à N'Djamena, un accord de financement de près de 8 milliards de FCFA destiné à soutenir la réforme des finances publiques et l'amélioration du climat des affaires. L'accord a été signé par Tahir Hamid Nguilin, ministre d'État, ministre des Finances, du Budget, de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale, et Francis Dogo, représentant de la Banque africaine de développement au Tchad.

Ce financement de la BAD doit permettre de mettre en œuvre le Programme d'appui à l'amélioration du climat des affaires et à la modernisation de l'administration publique (PAACAMA), prévu sur la période d'août 2026 à août 2030. Le programme, approuvé par la BAD en juillet 2026, doit accompagner plusieurs réformes portant notamment sur l'administration fiscale et douanière, la gestion des finances publiques, les procédures administratives et l'environnement des entreprises.

Le coût global du PAACAMA est évalué à environ 14,2 millions de dollars. La BAD doit en financer 12,8 millions de dollars sous forme de subvention du Fonds africain de développement, soit près de 8 milliards de FCFA. De son côté, le gouvernement tchadien apportera environ 1,015 million d'unités de compte, correspondant à près de 724 millions de FCFA.

Une première partie de ce financement sera consacrée à la modernisation de l'administration fiscale et douanière. Il est notamment prévu de digitaliser ces administrations afin d'améliorer la mobilisation des recettes intérieures et de rendre les procédures de collecte plus efficaces. Cette transformation numérique doit permettre de réduire le recours aux procédures manuelles, de fluidifier les démarches et de renforcer les capacités des services chargés de la mobilisation des recettes. Elle répond ainsi à l'un des principaux objectifs du programme : améliorer la capacité de l'État à mobiliser ses ressources afin de mieux financer ses politiques publiques.

Cette réforme de la mobilisation des recettes s'accompagnera d'un renforcement de la gestion et du contrôle des finances publiques. Les interventions porteront notamment sur les mécanismes de supervision financière ainsi que sur le renforcement des capacités institutionnelles nécessaires à une meilleure gestion des ressources publiques. L'objectif est de consolider l'ensemble de la chaîne de gestion financière de l'État, au-delà des seules administrations chargées de collecter les recettes.

Des procédures administratives à moderniser

La réforme doit également s'étendre au fonctionnement général de l'administration. Le PAACAMA prévoit ainsi de moderniser les procédures administratives afin de réduire les lourdeurs, de simplifier les démarches et d'améliorer la qualité des services publics. Dans son rapport d'évaluation, la BAD présente le programme autour de plusieurs axes : la " modernisation et la digitalisation de l'administration fiscale et douanière ", le " renforcement de la gestion et du contrôle des finances publiques " et la " modernisation des procédures administratives ".

La mise en œuvre de ces réformes reposera par ailleurs sur un renforcement des capacités des institutions et du capital humain. La formation et le développement des compétences figurent ainsi parmi les interventions destinées à permettre aux administrations de mieux conduire les transformations engagées et d'assurer leur pérennité.

Cette modernisation de l'appareil administratif doit, en parallèle, contribuer à améliorer l'environnement dans lequel évoluent les entreprises. Le PAACAMA prévoit notamment de simplifier les procédures liées à la création d'entreprises, avec l'objectif de rendre le climat des affaires plus prévisible et plus favorable aux investisseurs.

L'intervention de la BAD doit enfin cibler les secteurs et les zones présentant un potentiel élevé pour l'investissement privé. Il s'agit de renforcer les conditions institutionnelles susceptibles de favoriser le développement des activités économiques et de faciliter l'arrivée de nouveaux investisseurs. Ainsi, à travers le PAACAMA, la réforme de l'administration et celle de la gestion des finances publiques sont directement articulées à l'amélioration du climat des affaires et au renforcement des conditions de développement du secteur privé.

Claude Paul Tjeg 

Publié le 20/08/26 15:18

La Rédaction

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