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UEMOA : La fermeture de millions de comptes dormants fait reculer le taux de bancarisation à 25,2%

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La bancarisation poursuit sa progression de long terme au sein de l'UEMOA), mais marque un léger coup d'arrêt en 2024. Selon les données publiées ce 17 juin par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), le taux de bancarisation strict de l'Union s'est établi à 25,2%, contre 25,6% en 2023, soit un recul de 0,4 point de pourcentage.

Cette baisse reste toutefois relative au regard de la dynamique observée ces dernières années. En 4 ans, le taux de bancarisation strict a gagné 6,3 points, passant de 18,9% en 2020 à 25,2% en 2024, traduisant une pénétration croissante des services financiers formels au sein des populations.

La BCEAO attribue ce repli ponctuel à l'application de la réglementation communautaire sur les comptes dormants. Plusieurs établissements ont procédé à des clôtures massives de comptes inactifs, notamment Ecobank Mali, qui a supprimé plus d'un million de comptes ‘'X-PRESS''.

Il convient de préciser que le taux de bancarisation strict mesure la proportion d'adultes disposant d'un compte auprès d'une banque, d'un établissement postal, d'une caisse nationale d'épargne ou du Trésor public.

Le Bénin et la Côte d'Ivoire en tête de l'Union

Au classement des pays les plus bancarisés de l'UEMOA, le Bénin occupe la première place avec un taux de 38,2%, devant la Côte d'Ivoire (33,6%) et le Togo (30,9%).

Le Burkina Faso affiche un taux de 23,4%, légèrement supérieur à celui du Sénégal (23,1%).

L'évolution annuelle révèle cependant une hiérarchie différente. La Côte d'Ivoire signe la meilleure performance de l'Union avec une hausse de 2,4 points de pourcentage en un an. Le Bénin suit avec une augmentation de 1,6 point, devant le Sénégal (+0,8 point) ainsi que le Burkina Faso et le Togo (+0,7 point chacun).

Selon la banque centrale, ces avancées reflètent les effets des stratégies de digitalisation mises en œuvre par plusieurs institutions financières pour élargir l'accès aux services bancaires et simplifier les parcours clients.

À l'inverse, le Mali enregistre la plus forte contraction de l'Union avec une chute de 9,6 points, tandis que la Guinée-Bissau recule de 1,4 point, conséquence directe des opérations de fermeture de comptes.

Près de 10 000 points de services financiers

Cet essor de l'inclusion financière s'appuie sur un réseau d'infrastructures de plus en plus dense. À fin 2024, l'UEMOA comptait 136 établissements bancaires et 9 991 points de services financiers, dont 4 485 guichets automatiques bancaires (GAB) et distributeurs automatiques de billets (DAB).

Ces chiffres traduisent une transformation progressive du paysage financier régional. Si la fermeture des comptes inactifs a temporairement pesé sur les statistiques, la tendance de fond demeure orientée vers une extension de l'accès aux services financiers, portée par la digitalisation et l'élargissement continu des réseaux bancaires.

Publié le 18/06/26 14:23

Dr Ange Ponou

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