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UEMOA : Niger et Guinée-Bissau, seuls pays ancrés dans une baisse des prix en mars, alors que l’inflation repart à la hausse

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Après plusieurs mois de ralentissement, les prix à la consommation renouent légèrement avec la hausse dans l'UEMOA. En mars 2026, le taux d'inflation de l'Union est ressorti à 0,1% en glissement annuel, contre une baisse de 0,1% enregistrée en février, selon les dernières données régionales.

Ce redressement du niveau général des prix reste toutefois largement contenu, signe d'une demande encore modérée et d'un environnement économique régional marqué par des disparités profondes entre les États membres.

La principale source de cette remontée provient du secteur des transports. Les prix de cette composante ont enregistré une amélioration de 1 point de pourcentage, revenant à un niveau stable après plusieurs mois de contraction. Les boissons alcoolisées ont également contribué à cette évolution, avec une inflation portée à 2,4%.

Dans le même temps, les produits alimentaires continuent de jouer un rôle central dans la trajectoire des prix. La baisse des coûts alimentaires s'est poursuivie en mars, mais à un rythme nettement moins prononcé que le mois précédent. Les prix des denrées alimentaires ont ainsi reculé de 1,3%, après une contraction de 2,1% en février. Cette décélération de la baisse a mécaniquement soutenu le retour de l'inflation en territoire positif.

L'analyse de l'inflation sous-jacente, indicateur qui exclut les produits frais et l'énergie afin de mieux mesurer les tendances de fond, confirme néanmoins l'absence de fortes tensions inflationnistes dans l'Union. Cet indicateur est ressorti à 1,1% en mars 2026, en recul de 0,2 point de pourcentage par rapport au mois précédent. Autrement dit, les pressions durables sur les prix demeurent limitées malgré la légère reprise observée.

Plusieurs secteurs ont d'ailleurs contribué à freiner cette remontée des prix. Les coûts liés au logement ont ralenti à 2,4%, tandis que les services de communication ont quasiment stagné à 0,5%. Les dépenses de santé ont également enregistré une modération, avec une inflation ramenée à 0,5%. Ces replis ont permis d'atténuer les tensions haussières observées dans les transports et certaines catégories de consommation.

Au niveau des États membres, les écarts restent particulièrement marqués. La Côte d'Ivoire affiche le taux d'inflation le plus élevé de l'Union avec 2% en mars 2026. Le pays est suivi du Togo, où les prix ont progressé de 1,6%, puis du Sénégal à 1,4%. Ces niveaux demeurent néanmoins globalement maîtrisés au regard de la norme communautaire de 3%.

À l'opposé, le Niger continue d'être confronté à une déflation persistante et d'une ampleur exceptionnelle. Le niveau général des prix y a chuté de 9,8% en mars 2026, après des contractions successives de 10,2% en janvier et 10,1% en février. Cette spirale baissière est observée depuis décembre 2025 et traduit une forte faiblesse de la demande intérieure ainsi qu'une pression continue à la baisse sur les prix.

La Guinée Bissau évolue également dans une dynamique déflationniste, avec un recul des prix de 4,3% en mars contre 3,5% un mois plus tôt. À l'inverse, le Burkina Faso et le Mali maintiennent des niveaux d'inflation positifs, respectivement de 0,4% et 0,7%, marquant une situation plus équilibrée.

Publié le 11/05/26 16:41

Dr Ange Ponou

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