Le Burkina Faso a de nouveau fait appel au marché financier régional ce 22 avril, confirmant sa présence active sur le segment des titres publics de l'UMOA. À l'issue de cette opération, Ouagadougou a levé 49,5 milliards FCFA, un montant en deçà de son objectif initial de 45 milliards FCFA, dans un contexte marqué par une forte sélectivité des investisseurs.
L'opération, structurée autour d'une émission simultanée de bons et d'obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT), a suscité un intérêt notable sur le marché. Les investisseurs ont en effet proposé un montant global de 118,81 milliards FCFA, traduisant une couverture de 264,02%.
Malgré cet appétit apparent, les autorités burkinabè ont opté pour une stratégie prudente, ne retenant que 49,5 milliards FCFA, soit un taux d'absorption de 41,66%. Ce choix reflète une volonté de maîtriser le coût de l'endettement dans un environnement financier régional de plus en plus exigeant.
Dans le détail, l'émission reposait sur un bon du Trésor à 364 jours (BAT) et trois obligations du Trésor (OAT) à des maturités de 3, 5 et 7 ans. Fait notable, aucune offre n'a été retenue sur le BAT, signe d'un désintérêt relatif pour les instruments à court terme ou d'exigences de rendement jugées trop élevées.
À l'inverse, les obligations ont concentré l'essentiel des montants levés. Les OAT à 3 ans ont permis de mobiliser 28,86 milliards FCFA, celles à 5 ans 9,66 milliards FCFA, et celles à 7 ans 10,97 milliards FCFA. Les taux de rendement moyen pondéré se sont établis à 7,48% pour la maturité 3 ans, 7,43% pour celle de 5 ans, et 7,49% pour les titres à 7 ans, illustrant une relative stabilité des conditions de financement sur le moyen et long terme.
Autre enseignement majeur de cette opération, le poids significatif des investisseurs locaux. Près de 76,96% des montants retenus, soit 38,1 milliards FCFA, proviennent du marché burkinabè lui-même. Cette forte contribution domestique souligne la résilience du système financier national et la capacité des acteurs locaux à soutenir les besoins de financement de l'État, malgré un contexte économique et sécuritaire complexe.
Publié le 23/04/26 15:14
Narcisse Angan
SN
CEMAC