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Un datacenter de taille moyenne coûte désormais entre 500 millions et 2 milliards de dollars

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Porté par l'essor fulgurant de l'IA et du cloud, le boom mondial de la construction de datacenters engendre des projets colossaux et des investissements se chiffrant en milliers de milliards de dollars.

Publié le 6 novembre 2025, le rapport intitulé "The Data Center Construction Boom" indique que les projections du secteur estiment à 7 000 milliards USD les capitaux injectés d'ici l'horizon 2030. Les États-Unis et la Chine concentrent l'essentiel de cette dynamique géopolitique et technologique, supportés par des budgets colossaux de géants tels qu'Amazon, Microsoft, Google Cloud, Alibaba et Tencent. D'après le rapport, une grande partie de ces budgets sera destinée aux installations industrielles et aux sources d'énergie fiables, indispensables pour l'IA et le cloud haute performance. L'Europe tente, quant à elle, de combler son retard malgré une croissance annuelle impressionnante de 43 % des projets prévus.

Sur le plan de la capacité, Londres et Dublin s'imposent comme les deux principaux marchés européens avec une capacité supérieure à un gigawatt (GW) chacun, suivis par Amsterdam, Francfort, Paris et Milan. À ce propos, les experts soulignent qu'au niveau mondial, les États-Unis représentent à eux seuls environ les deux tiers de la demande mondiale d'électricité des datacenters, atteignant 81 GW d'ici 2028, tandis que la métropole de Pékin réunit à elle seule 10 % de la capacité mondiale des hyperscalers.

Démesure industrielle

En outre, face à cette frénésie d'investissement, les projets de ce type se multiplient à un rythme effréné et certains chantiers dépassent désormais le seuil des 20 milliards USD. Concernant l'évolution des coûts, le rapport précise qu'historiquement, les prix de construction se situaient entre 200 et 300 millions USD avant d'atteindre la fourchette actuelle de 500 millions à 2 milliards USD pour une taille moyenne. Une démesure qui bouleverse profondément le secteur de la construction et mobilise des dizaines de milliers d'intervenants sur des sites hypersensibles où la moindre défaillance ou un simple défaut de fabrication se traduit immédiatement par des retards colossaux et des pertes financières considérables pour les promoteurs.

Cette complexité opérationnelle s'accompagne d'un profil de risque redoutable pour les maîtres d'ouvrage. En effet, les besoins énergétiques de ces installations menacent de saturer les réseaux électriques locaux, la demande mondiale d'électricité des centres de données devant plus que doubler d'ici 2030 pour atteindre 945 TWh, soit légèrement plus que la consommation annuelle actuelle du Japon et ses 124 millions d'habitants.

Pour parer aux pannes d'alimentation électrique, qui constituent la cause principale de 45 % des pannes majeures, les opérateurs cherchent à produire leur propre électricité sur site grâce aux énergies renouvelables, au gaz et même à de petits réacteurs nucléaires. À cela s'ajoutent des menaces environnementales très lourdes : un grand centre de données peut consommer jusqu'à 19 millions de litres d'eau par jour, soit l'équivalent de la consommation d'une ville de 50 000 habitants, tandis que le réchauffement climatique compromet la résilience de plus de la moitié des principaux centres de données mondiaux.

Les craintes d'une bulle spéculative

Face à cette exposition accrue, et en raison de leur complexité de construction et d'exploitation, ces infrastructures nécessitent des contrats d'assurance risques spéciaux. Ces couvertures sur mesure protègent les investissements contre les risques d'incendie, aggravés par l'utilisation croissante de batteries au lithium dans les baies de serveurs, ainsi que contre les pannes d'alimentation, la chaleur excessive, les inondations et les catastrophes naturelles, exigeant l'accompagnement de souscripteurs hautement spécialisés qui contribuent à faire grimper les coûts globaux.

Constatant ces dépenses massives, certains analystes expriment la crainte de l'émergence d'une bulle spéculative, d'un surinvestissement chronique et d'un risque majeur d'actifs irrécupérables.

Le marché africain

Si l'Afrique n'est pas mentionnée dans ce rapport, le continent connaît pourtant sa propre dynamique. Les rapports de référence spécialisés, tels que Research and Markets ou Africa's Digital Leap, évaluent généralement le nombre de centres de données actifs entre 200 et 250 installations formellement répertoriées. L'Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et l'Égypte concentrent la majeure partie de ces infrastructures.

Il convient également de souligner que le coût de construction d'un datacenter varie sensiblement d'une région à l'autre. En Afrique, cette facture dépend de plusieurs facteurs clés : la dépendance énergétique et la redondance obligatoire, l'importation d'équipements lourds, la disponibilité du foncier et de la connectivité, ainsi que le cadre réglementaire et fiscal.

Anselme Akéko

Publié le 10/08/26 17:59

La Rédaction

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