Alors que les tensions au Moyen-Orient commencent à s'atténuer à la faveur d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, le Congo récolte les fruits de la récente réorganisation des flux énergétiques mondiaux. Durant les mois qui ont précédé cette accalmie, au plus fort de la crise, le brut congolais a trouvé de nouveaux débouchés en Asie, notamment au Vietnam et en Corée du Sud. Dans le même temps, le pays a consolidé sa présence sur le marché indien, même si celle-ci demeure encore modeste au regard des besoins de New Delhi.
Selon Petrovietnam, cité par Reuters le 18 juin 2026, le Vietnam a réceptionné sa première cargaison de pétrole brut Djeno en provenance du Congo. Le chargement, composé de 950 000 barils, a été déchargé au terminal de la raffinerie de Nghi Son, dans le nord du pays. Cette installation, la plus importante du Vietnam, dispose d'une capacité de traitement de 200 000 barils par jour.
L'arrivée du brut congolais intervient dans un contexte où les approvisionnements traditionnels de la raffinerie vietnamienne ont été perturbés par les tensions géopolitiques ayant affecté les flux pétroliers en provenance du Golfe.
Séoul et New Delhi parmi les nouveaux débouchés
Le Vietnam n'est pas le seul pays asiatique à s'être tourné vers le pétrole congolais. La Corée du Sud a également cherché à réduire son exposition aux risques pesant sur le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour ses importations énergétiques, en diversifiant ses sources d'approvisionnement, notamment vers certains producteurs africains, dont le Congo.
Reuters rapporte ainsi que Séoul a sécurisé 110 millions de barils de pétrole de remplacement entre avril et mai 2026. Ces volumes se répartissent entre 50 millions de barils en avril et 60 millions en mai. Ils proviennent de 17 pays, parmi lesquels figurent le Congo, le Gabon, l'Arabie saoudite, les États-Unis, le Brésil, l'Australie et le Canada.
Selon Yang Ki-wook, directeur général du Bureau de la sécurité de l'industrie, du commerce et des ressources au ministère sud-coréen du Commerce, cité par Reuters, ces approvisionnements alternatifs ont représenté environ 60 % des besoins habituels du pays en avril et près de 70 % en mai.
L'Inde constitue un autre marché sur lequel le Congo renforce progressivement sa présence. Les données compilées par Reuters à partir de sources industrielles et publiées le 18 juin montrent que le Congo a exporté en moyenne 30 800 barils par jour vers l'Inde entre janvier et mai 2026, contre 24 600 barils par jour un an plus tôt. Cette progression de 25,3 % permet au pays de devenir le premier fournisseur de pétrole de la CEMAC sur le marché indien.
Les exportations gabonaises vers l'Inde ont également progressé sur la période, atteignant 20 900 barils par jour, contre 16 500 un an auparavant. Le Tchad apparaît, quant à lui, pour la première fois parmi les fournisseurs du marché indien avec 4 500 barils par jour. À l'inverse, les achats de brut camerounais ont reculé de 53 %, passant de 13 300 à 6 200 barils par jour.
Ces évolutions témoignent d'un intérêt croissant de l'Inde pour certains producteurs d'Afrique centrale. Toutefois, la contribution de la sous-région à l'approvisionnement énergétique indien demeure limitée. Les quatre producteurs de la CEMAC — Cameroun, Congo, Gabon et Tchad — ont fourni ensemble 62 400 barils par jour entre janvier et mai 2026, soit seulement 1,3 % des 4,914 millions de barils importés quotidiennement par l'Inde sur cette période.
Malgré cette progression, les volumes congolais restent modestes face à ceux des principaux fournisseurs de New Delhi. Entre janvier et mai 2026, la Russie a livré en moyenne 1,584 million de barils par jour à l'Inde. Les pays du Moyen-Orient ont, pour leur part, fourni plus de 2,023 millions de barils par jour, tandis que les exportations africaines, essentiellement portées par le Nigeria et l'Angola, ont atteint 435 700 barils par jour.
Les écarts sont encore plus marqués lorsqu'on observe les chiffres du seul mois de mai 2026. Durant cette période, le Nigeria a expédié 926 600 barils par jour vers l'Inde et l'Angola 611 800 barils par jour, des volumes très supérieurs à ceux des producteurs d'Afrique centrale.
Perton Biyiha
Publié le 18/06/26 14:25
La Rédaction
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CEMAC