À Washington, les 17 et 18 mars 2026, des représentants de la République démocratique du Congo et du Rwanda ont arrêté une série de mesures destinées à prolonger la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité. Selon les éléments issus des discussions tenues dans la capitale américaine, Kinshasa et Kigali ont validé un ensemble d'actions coordonnées pour réduire les tensions sur le terrain.
Les deux parties ont réaffirmé leur attachement au respect mutuel de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, tout en actant un désengagement progressif des forces. Dans ce cadre, Kigali s'est engagé à lever certains dispositifs défensifs déployés sur des zones identifiées du territoire congolais, tandis que Kinshasa doit intensifier, avec des échéances précises, les opérations visant à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La protection des populations civiles figure également parmi les engagements réitérés.
Ces annonces interviennent alors que Washington a décidé, par l'intermédiaire du Bureau de contrôle des avoirs étrangers du département du Trésor, de sanctionner la Force de défense du Rwanda ainsi que plusieurs de ses hauts responsables.
D'après les autorités américaines, cette force armée soutient activement le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle déjà sous sanctions internationales et accusé de graves violations des droits humains. Les États-Unis estiment que ce soutien a contribué aux avancées militaires du M23 dans l'est de la RDC, notamment dans des zones stratégiques incluant Goma, Bukavu et plusieurs sites miniers.
Dans ce contexte, le Trésor américain insiste sur la nécessité d'un retrait immédiat des troupes et des équipements rwandais du territoire congolais. Cette initiative s'inscrit dans un cadre plus large de pressions diplomatiques et financières destinées à faire respecter les engagements issus des accords négociés à Washington, selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent
La séquence diplomatique américaine fait suite à une rencontre récente (decembre 2025) entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, accueillis à Washington par Donald Trump, au cours de laquelle une déclaration conjointe avait été signée. Mais sur le terrain, les dynamiques militaires continuent de fragiliser ces efforts.
Peu après cette initiative, le M23 s'est emparé de la ville d'Uvira, à proximité de la frontière burundaise, provoquant des pertes civiles et de nouveaux déplacements de populations, selon des informations relayées par les autorités américaines et des sources internationales. Bien que les rebelles se soient retirés par la suite, leur présence persistante dans cette zone frontalière alimente les craintes d'une extension régionale du conflit.
Perton Biyiha
Publié le 19/03/26 14:37
La Rédaction
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CEMAC