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Mali : L’australien Toubani lance Kobada, un projet aurifère de 216 millions USD

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Le secteur aurifère du Mali confirme son attractivité malgré un environnement devenu plus exigeant. Après avoir obtenu le feu vert des autorités maliennes fin janvier dernier, la société australienne Toubani Resources Limited, a officiellement entamé depuis mi-mars, la construction de son projet aurifère de Kobada. Un investissement estimé à 216 millions de dollars (123 milliards FCFA), marquant une étape clé dans sa stratégie de développement en Afrique de l'Ouest.

Les premières opérations portent sur des travaux de terrassement d'envergure. Elles concernent notamment le site de l'usine de traitement, le barrage de retenue d'eau, le bassin de stockage des résidus miniers ainsi que les installations d'hébergement. L'objectif est de poser les premières fondations dès le prochain trimestre, avec une montée en puissance progressive du chantier.

Voir aussi - Le Mali autorise la construction de la mine d'or de Kobada

Toubani affiche une ambition d'atteindre une première production d'or au troisième trimestre 2027. À terme, le projet Kobada pourrait produire environ 162 000 onces par an, s'inscrivant ainsi parmi les futurs contributeurs significatifs à l'offre aurifère régionale. Près de 40% du capital nécessaire a déjà été engagé, tandis que les équipements critiques sont en cours d'acheminement, notamment ceux destinés au circuit de traitement par lixiviation au carbone (CIL), une technologie clé pour l'extraction de l'or. Dans un contexte international marqué par l'incertitude économique, l'or continue de jouer son rôle de valeur refuge, soutenant l'appétit des investisseurs pour de nouveaux projets miniers, en particulier en Afrique de l'Ouest.

Un projet inscrit dans une dynamique sectorielle soutenue

Le Mali demeure l'un des principaux producteurs d'or du continent. Le lancement de Kobada intervient dans une phase d'intensification des investissements, portée à la fois par l'expansion des mines existantes et le développement de nouveaux gisements. Ce dynamisme reflète l'intérêt constant des compagnies minières internationales, pour le potentiel géologique du pays, malgré un climat d'investissement plus complexe.

Le projet Kobada se déploie toutefois dans un environnement en mutation. Depuis l'adoption du nouveau code minier en 2023, l'État malien peut porter sa participation dans les projets jusqu'à 30%, traduisant une volonté affirmée de capter une part accrue de la rente minière. Cette évolution, combinée à des tensions ponctuelles entre autorités et opérateurs internationaux, incite les investisseurs à une vigilance accrue. Le renforcement des exigences réglementaires, bien qu'orienté vers plus de transparence et de retombées locales, constitue un facteur de risque à intégrer dans les modèles économiques.

Consciente de ces défis, Toubani a multiplié les initiatives en direction des communautés locales. La cérémonie de lancement des travaux a notamment réuni les chefs traditionnels et coutumiers des villages environnants, illustrant une volonté d'ancrage territorial et de dialogue social. Cette dimension apparaît déterminante dans un pays où l'orpaillage artisanal et les enjeux fonciers peuvent parfois générer des tensions autour des projets miniers.

Un test grandeur nature pour l'attractivité du Mali

Au-delà de ses performances techniques et financières, Kobada constitue un véritable test pour l'équilibre entre souveraineté économique et attractivité des investissements au Mali. Si le projet est mené à terme dans les délais annoncés, il pourrait renforcer la position du pays sur l'échiquier aurifère mondial.

Mais sa réussite dépendra d'un double impératif : une exécution rigoureuse sur le plan industriel et une capacité d'adaptation aux évolutions réglementaires et géopolitiques. Dans un contexte où l'or reste au cœur des stratégies économiques et financières globales, Kobada illustre ainsi les nouveaux arbitrages auxquels sont confrontés les pays producteurs : maximiser les retombées nationales, tout en continuant d'attirer les capitaux indispensables au développement du secteur extractif.

Publié le 19/03/26 12:54

Narcisse Angan

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