Le Sénégal s'est doté d'une nouvelle politique industrielle et commerciale. Le projet est porté par le ministère de l'Industrie et du Commerce, en concertation avec le secteur privé. L'ambition est de disposer d'un projet transformateur, qui va favoriser le développement inclusif et l'émergence d'un secteur privé fort et performant. Ainsi, la Pics prévoit plusieurs réformes majeures.
L'une d'elles concerne les pratiques fiscales, afin de supprimer les distorsions de concurrence et d'encourager les investissements industriels dans les filières stratégiques et les pôles-territoires. À côté, il y a la réforme de la commande publique pour favoriser l'industrialisation. À travers ce point, le gouvernement vise une meilleure implication des entités locales.
Car la commande publique représente un pouvoir d'achat de l'État de 10 000 à 15 000 milliards FCFA sur 5 ans. L'autre réforme importante va dans le sens de la simplification des procédures foncières pour accélérer l'industrialisation. L'objectif de cette réforme est d'accélérer les procédures foncières pour l'industrie tout en évitant la spéculation foncière.
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Le délai actuel de sécurisation du foncier pour un projet industriel est de 3 à 5 ans, ce qui est incompatible avec les calendriers de financement et de développement de ces projets. La politique industrielle et commerciale prévoit aussi de réformer le cadre de financement des actifs de production par le système bancaire sans détériorer leurs indicateurs prudentiels.
L'objectif est de mettre en place le dispositif nécessaire pour que les titres adossés aux actifs de production soient considérés comme des sûretés réelles et financés par les institutions clés de financement et d'investissement (banques, fonds d'épargne, etc.). En effet, seuls 9 % (600 milliards FCFA) des encours de crédits des institutions financières vont aux PME.
D'autres réformes devraient également intervenir, notamment concernant la simplification et l'harmonisation des interventions des corps de contrôle en industrie, ainsi que le financement, la coordination et la valorisation de la recherche scientifique.
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Depuis 2004, le Sénégal ne disposait pas d'une politique dédiée entièrement validée. Pour le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, lesdites actions s'inscrivent dans le cadre de l'Agenda national de transformation "Sénégal 2050", le nouveau référentiel des politiques publiques.
"Ce nouveau référentiel constitue notre cap vers la réalisation, en 2050, d'une nation souveraine, juste et prospère, ancrée dans des valeurs fortes. Il nous incite à bâtir une économie compétitive, gage de notre souveraineté à travers quatre moteurs de croissance que sont les industries extractives, les industries agroalimentaires, les industries manufacturières et les services à valeur ajoutée", souligne Serigne Gueye Diop.
Publié le 19/03/26 11:37
La Rédaction
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CEMAC