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À l’approche du procès sur le scandale de corruption au Cameroun, d’anciens cadres de Glencore rejettent en bloc les accusations

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Deux anciens cadres de Glencore ont plaidé non coupable, jeudi 10 septembre 2026, devant la Southwark Crown Court de Londres, face à des accusations de corruption liées aux activités pétrolières du négociant suisse en Afrique de l'Ouest. Alex Beard, 59 ans, ancien responsable du pôle pétrole du groupe, a rejeté deux chefs d'accusation de complot en vue d'effectuer des paiements corruptifs. Andrew Gibson, 66 ans, ancien responsable des opérations pétrolières, a contesté quatre chefs d'accusation similaires ainsi qu'une accusation de falsification de documents comptables, rapporte Reuters.

Les deux hommes rejoignent ainsi quatre anciens négociants de Glencore, Martin Wakefield, David Perez, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga, qui avaient eux aussi plaidé non coupable en novembre 2025 pour des faits similaires concernant le Nigeria, le Cameroun et la Côte d'Ivoire entre 2007 et 2014. Les six prévenus doivent désormais être jugés à partir du 4 octobre 2027, dans le cadre d'un procès dont la durée est estimée à six mois.

Cette procédure intervient alors que la responsabilité pénale de la filiale britannique de Glencore a déjà été établie. Glencore Energy UK avait plaidé coupable en 2022 devant la justice britannique à sept chefs d'accusation de corruption et accepté une sanction de 280 millions de livres sterling, selon les documents publiés par le gouvernement britannique. Pour le seul volet camerounais, la justice britannique a documenté environ 10,5 millions d'euros de paiements corruptifs destinés à des responsables de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de la Société nationale de raffinage (Sonara), soit près de 6,9 milliards FCFA.

L'enjeu du procès de 2027 est donc désormais distinct de celui de la procédure engagée contre l'entreprise. Il devra déterminer la responsabilité individuelle de chacun des six anciens salariés dans l'organisation et l'exécution de ces versements. Au début de l'affaire, le ministère américain de la Justice avait décrit un dispositif reposant notamment sur des sociétés intermédiaires, des contrats de conseil fictifs et des factures gonflées destinées à dissimuler la circulation des fonds. Les débats devront ainsi permettre de reconstituer la chaîne des paiements, depuis leur origine jusqu'aux bénéficiaires finaux.

Au Cameroun, une enquête suspendue aux révélations du procès londonien

C'est précisément cette reconstitution que les autorités camerounaises attendent désormais de la justice britannique. Depuis novembre 2023, le président Paul Biya a autorisé la SNH à saisir le Tribunal criminel spécial, mais aucune avancée n'a été communiquée publiquement depuis. Saisie en juin 2024 par l'avocat Akere Muna, la Commission nationale anti-corruption (Conac) avait confirmé l'ouverture d'une enquête, qualifiée de délicate par son président, Dieudonné Massi Gams. Depuis, aucune conclusion n'a été rendue publique et aucun cadre de la SNH ou de la Sonara n'a, à ce jour, été publiquement mis en cause dans le cadre de cette procédure.

Dans ce contexte, le procès londonien apparaît comme la pièce maitresse du dispositif judiciaire camerounais. La direction de la SNH a d'ailleurs progressivement infléchi sa position sur cette affaire. Après avoir écarté toute possibilité de corruption en 2022, son administrateur-directeur général, Adolphe Moudiki, indiquait depuis août 2024 attendre les conclusions de la procédure britannique et notamment la divulgation des noms recherchés, afin d'engager, au Cameroun, les actions judiciaires contre les éventuels bénéficiaires des pots-de-vin.

Le calendrier judiciaire britannique prend ainsi une importance particulière pour la suite de la procédure au Cameroun. En établissant, ou non, le rôle individuel des anciens cadres de Glencore et en examinant les circuits empruntés par les fonds, le procès pourrait apporter des éléments susceptibles d'éclairer l'enquête ouverte à Yaoundé. Reste à savoir si les débats permettront effectivement d'identifier les intermédiaires et les bénéficiaires camerounais évoqués dans le dossier, ou si une partie de ces informations demeurera confinée aux pièces et éléments de preuve de la procédure britannique.

 Claude Paul Tjeg

Publié le 17/09/26 12:19

La Rédaction

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