La signature, le 18 juin dernier à Versailles, d'un mémorandum d'entente en 14 points entre Washington et Téhéran marque un tournant dans la crise énergétique mondiale ouverte le 28 février avec les frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Le post publié le 23 juin par Donald Trump sur son réseau Truth Social, confirme les grandes lignes de l'accord : inspections nucléaires iranniennes sous supervision internationale, réouverture du détroit d'Ormuz sans nouveau blocus naval, et déblocage de fonds iraniens gelés placés sous séquestre américain, fléchés vers des achats de denrées alimentaires et de produits médicaux exclusivement américains.
Pour le continent africain, cette désescalade produit des effets asymétriques selon la position de chaque économie dans la chaîne des matières premières. Depuis la fermeture effective du détroit, les transits de navires avaient chuté de 130 à 6 par jour. Une contraction de près de 95 % selon l'UNCTAD. Le mécanisme de transmission vers l'Afrique a été triple avec notamment la hausse des prix de l'énergie, des engrais et du fret maritime. Les pays à faibles revenus ont subi le choc de plein fouet, la part de l'alimentation représentant en moyenne 43 % de leur consommation selon le FMI, contre 25 % dans les économies émergentes.
La réouverture du détroit d'Ormuz soulage donc en premier lieu les économies africaines importatrices nettes d'énergie. La détente des cours du Brent, repassé sous les 100 dollars dès les premiers signaux d'accord fin mai, allège mécaniquement leur facture énergétique et desserre la pression sur leurs balances des paiements. L'orientation des fonds iraniens débloqués vers des achats de céréales américaines réduit par ailleurs la pression concurrentielle sur les marchés mondiaux du blé et du maïs, avec un effet modérateur potentiel sur les prix alimentaires dont dépendent les populations urbaines africaines. Le retour progressif du pétrole iranien sur le marché mondial, contribue également à fluidifier une offre mondiale encore sous tension.
L'équation est inverse pour les exportateurs africains de brut. Nigeria, Angola, Congo et Gabon avaient enregistré des recettes supplémentaires pendant la période de cours élevés, le Brent ayant culminé au-delà de 114 dollars. Dans la zone CEMAC, Fitch tablait sur un Brent moyen à 87 dollars pour 2026, avec un risque de dépassement désormais écarté. Pour le Gabon, dont le budget rectificatif 2026 intègre déjà des coupes significatives dans le cadre des négociations avec le FMI, la correction des cours ferme une fenêtre de surrecettes pétrolières sur laquelle aucune hypothèse budgétaire n'avait été formellement adossée.
Publié le 24/06/26 18:09
La Rédaction
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