Longtemps, les pays en développement sont restés en marge de l'architecture financière internationale dans la mobilisation suffisante de ressources pour leurs économies. Conscients de cette lacune, plusieurs dizaines de ministres des Finances et des Affaires étrangères se sont réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, la semaine passée pour appeler à une action radicale visant à réformer la sphère financière internationale.
En effet, " confrontés à un fardeau de la dette et à des coûts de capitaux exorbitants, les pays en développement ont des perspectives limitées de financement des Objectifs de développement durable (ODD) ", a déclaré António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies.
En plus, suite à la pandémie de Covid-19, aux conflits géopolitiques et à l'instabilité économique, le déficit de financement des ODD a grimpé à 4 000 milliards de dollars par an, aggravant ainsi la pauvreté et les inégalités. Parallèlement, les difficultés accrues de mobilisation des ressources suffisantes ont éloigné ces pays de leurs objectifs, accélérant les appels à des réformes.
Le continent africain, par exemple, a fait face à des déficits de financement, comme en témoigne le coût annuel de réalisation des ODD, estimé entre 870 et 1 300 milliards de dollars, alors que les ressources totales de financement ne s'élevaient qu'à 829,7 milliards de dollars, en 2022.
Ainsi, cet appel se veut un cadre de renforcement de l'autonomie des pays en développement au sein des institutions internationales et vise notamment à canaliser des milliards de dollars vers le développement durable en Afrique et dans d'autres pays en développement.
Pour sa part, Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, souligne que " l'architecture financière internationale créée il y a près de 80 ans doit être réformée pour répondre aux défis les plus pressants des pays africains de manière plus efficace et inclusive ".
Pour conclure, des ministres et des experts mondiaux ont dévoilé des propositions visant à réformer les règles et la gouvernance de la fiscalité internationale et à s'attaquer aux problèmes des pays confrontés à des crises de la dette, notamment au moyen de nouveaux mécanismes internationaux visant à résoudre les situations de défaut de paiement de la dette souveraine.
Publié le 29/07/24 20:50
La Rédaction
SN
CEMAC