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Afrique de l’Ouest : La pénurie d’engrais provoquée par la guerre en Iran fait planer une menace sur les récoltes

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Le conflit au Moyen-Orient pourrait bien bousculer l'équilibre des économies agricoles ouest-africaines. Selon ETG, l'un des grands négociants de matières premières du continent, cité par Bloomberg, les tensions autour du détroit d'Ormuz perturbent fortement l'approvisionnement en engrais.

Et derrière cette tension, c'est toute la chaîne du cacao et du coton, par exemple, qui se retrouve sous pression.

Une onde de choc qui part du Golfe

Le ralentissement, presque à l'arrêt, du trafic dans le détroit d'Ormuz a immédiatement désorganisé les flux d'engrais. Or, cette zone reste un passage incontournable pour les exportations en provenance du Golfe, qui joue un rôle clé dans la production mondiale de fertilisants.

Très vite, les prix ont commencé à grimper. Les acheteurs se ruent sur les volumes disponibles, ce qui accentue encore la tension. Les pays les plus dépendants des importations, notamment en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, sont les premiers exposés, comme le souligne le Programme alimentaire mondial.

Des filières clés directement exposées

En Afrique de l'Ouest, l'inquiétude est palpable. Les engrais ne sont pas un simple intrant, ils conditionnent directement les rendements, en particulier pour le cacao et le coton, deux piliers des économies d'exportation.

La Côte d'Ivoire, leader mondial du cacao, apparaît particulièrement exposée. Le Mali et le Burkina Faso, très dépendants du coton, sont également en première ligne, tout comme le Sénégal, où le calendrier agricole laisse peu de marge de manœuvre.

Ce choc arrive au pire moment. Dans la filière cacao, les difficultés s'accumulent depuis plusieurs années : plantations vieillissantes, usage limité d'engrais, investissements insuffisants. Les rendements en ont déjà souffert.

Après l'envolée des prix en 2024, le marché s'est retourné. Les cours ont chuté, réduisant les revenus des producteurs. Dans ce contexte, une hausse des coûts des intrants pourrait encore fragiliser un équilibre déjà précaire.

Des effets qui dépassent l'agriculture

L'impact ne se limite pas aux champs. La hausse des coûts du transport et des assurances renchérit toute la chaîne d'approvisionnement. Progressivement, c'est l'ensemble de l'économie qui peut être touché.

À terme, la question de la sécurité alimentaire pourrait se poser avec plus d'acuité, dans une région où les marges de résilience restent limitées.

Certains pays tentent d'anticiper. Le Ghana, par exemple, dispose de stocks et a lancé des distributions d'engrais pour soutenir ses agriculteurs. Mais ailleurs, les solutions restent rares et souvent coûteuses.

Face à l'urgence, les États multiplient les discussions avec les fournisseurs pour sécuriser leurs approvisionnements. ETG indique avoir été approché par plusieurs gouvernements, signe que la pression monte.

Publié le 25/03/26 10:25

La Rédaction

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