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Afrique : La BAD appelle à mobiliser 400 milliards USD par an pour transformer le continent

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À l'occasion du traditionnel déjeuner des ambassadeurs, tenu ce 4 février, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, a livré une vision stratégique ambitieuse pour l'avenir du continent. Dans un contexte international qu'il qualifie lui-même de ‘'parmi les plus complexes et les plus agités'', le dirigeant de l'institution panafricaine a de nouveau décliné sa feuille de route structurée autour des ‘'4 points cardinaux'', destinés à accélérer la transformation économique de l'Afrique.

Au cœur de cette vision, un constat sans détour. Les besoins de financement du continent sont colossaux. Selon les estimations rappelées par le président de la Banque, l'Afrique doit mobiliser plus de 400 milliards de dollars par an pour financer son développement. Une somme hors de portée des seules capacités financières des institutions multilatérales. ‘'Avec les ressources dont nous disposons aujourd'hui, cet objectif est loin d'être à notre portée'', a-t-il reconnu, appelant à un changement d'échelle dans la mobilisation des financements.

Premier pilier de cette stratégie, la mobilisation massive des ressources passe par un élargissement des partenariats. Aux côtés des partenaires traditionnels au développement, le secteur privé et surtout les acteurs africains doivent être pleinement intégrés à l'effort. Car, insiste Dr Sidi Ould Tah, le continent ne manque pas de capitaux. Les fonds souverains, fonds de pension et investisseurs institutionnels africains gèrent au moins 1 000 milliards de dollars d'actifs, aujourd'hui largement investis dans des bons du Trésor ou l'immobilier, plutôt que dans des projets productifs.

C'est tout l'enjeu de la nouvelle architecture financière africaine (NAFA), deuxième point cardinal de la vision présidentielle. Cette architecture vise à mieux coordonner des institutions financières encore trop fragmentées. ‘'L'Afrique ne manque pas de ressources, mais elles travaillent en silo'', a-t-il souligné. Pensée à 3 niveaux, continental, régional et national, cette architecture doit favoriser la synergie entre la BAD, les fonds de garantie, les assureurs, les fonds souverains et les caisses de développement afin d'orienter davantage d'épargne vers le financement du développement.

Troisième priorité, la démographie. Avec un âge médian de 19 ans et une population appelée à représenter un quart de l'humanité d'ici 2050, l'Afrique fait face à un défi majeur. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. ‘'Tout doit converger vers un objectif essentiel, créer des emplois pour des millions de jeunes Africains'', a martelé le président de la Banque. Cela suppose le développement d'activités transformatrices à grande échelle, le renforcement des PME, la formalisation du secteur informel et une refonte des systèmes éducatifs, avec un accent sur la formation technique et l'apprentissage des métiers.

Le quatrième pilier complète cette logique. Il porte sur les infrastructures résilientes et la création de valeur ajoutée. L'objectif est de transformer les ressources naturelles sur le sol africain, développer des chaînes de valeur locales, accroître les recettes fiscales des États et réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes. Cette transformation est indissociable d'investissements massifs dans les infrastructures énergétiques, logistiques et industrielles.

Au-delà du continent, cette stratégie repose sur un partenariat renforcé avec les actionnaires non-régionaux et les investisseurs internationaux. Dr Sidi Ould Tah défend une approche assumée de partenariat gagnant-gagnant. ‘'L'Afrique a besoin d'investissements et elle a aussi des opportunités à offrir'', a-t-il affirmé, soulignant le potentiel du continent en matière de commerce, d'infrastructures et d'industrialisation.

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation économique, la BAD entend ainsi se positionner comme un chef d'orchestre de la transformation africaine. Une ambition à la hauteur des enjeux, portée par une conviction forte résumée par le président de l'institution. Le développement du continent ne sera ni subi ni différé. Il sera financé, coordonné et construit en partenariat.

Publié le 05/02/26 19:18

Dr Ange Ponou

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