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Afrique : Le Mozambique ravit au Sénégal la place du souverain le plus risqué

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Le Mozambique apparaît désormais comme le maillon le plus fragile de la dette souveraine africaine. Selon des informations publiées par Bloomberg ce 30 mars, le pays a dépassé le Sénégal en termes de risque perçu par les investisseurs internationaux, marquant une dégradation rapide de sa signature financière dans un contexte international sous tension.

D'après le média américain, l'écart de rendement souverain du Mozambique a atteint 1 473 points de base, selon les données issues d'un indice de JPMorgan Chase & Co.. Ce niveau, qui mesure la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette en devises fortes par rapport aux bons du Trésor américain, dépasse désormais celui du Sénégal, établi à 1 423 points de base, toujours selon Bloomberg. Un seuil supérieur à 1 000 points de base est généralement interprété comme un signal de détresse financière avancée.

Cette dégradation s'inscrit dans un faisceau de vulnérabilités structurelles. Le Mozambique faisait déjà face à une trajectoire budgétaire fragilisée, marquée par des dépenses publiques élevées financées par l'endettement et des retards persistants dans ses projets stratégiques de gaz naturel liquéfié. L'intensification récente des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran, a amplifié ces déséquilibres en renchérissant les coûts d'importation d'énergie et d'engrais, accentuant la pression sur les comptes extérieurs. Cette dynamique a provoqué un élargissement de plus de 400 points de base du spread souverain au cours du seul mois écoulé.

La défiance des marchés se matérialise également dans la valorisation des titres mozambicains. L'obligation souveraine de 900 millions de dollars à échéance 2031 a enregistré une 13e séance consécutive de baisse, s'établissant à 74,29 cents pour un dollar. Depuis le début du mois, le recul dépasse 11 cents, traduisant une fuite des investisseurs face à la montée du risque. Son rendement s'élève désormais à 16,29%, un niveau prohibitif qui exclut de facto le pays des marchés obligataires internationaux, précise Bloomberg.

Publié le 31/03/26 10:27

Dr Ange Ponou

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