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Afrique subsaharienne : Une reprise modérée mais inégale de la croissance en 2024

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L'Afrique subsaharienne a enregistré une croissance économique de 3,2% en 2024, une légère amélioration par rapport aux 2,9% de 2023, selon les dernières Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale publiées le 16 janvier dernier.

Cependant, cette progression reste inférieure aux attentes initiales, révisées à la baisse en raison de plusieurs facteurs : le conflit au Soudan, des défis macroéconomiques persistants dans plusieurs pays et des tensions inflationnistes. Les deux principales économies de la région, le Nigéria et l'Afrique du Sud, ont enregistré une croissance moyenne de 2,2%, aidées respectivement par une augmentation de la production pétrolière et une amélioration de l'approvisionnement en électricité.

Dans le reste de la région, la croissance a atteint en moyenne 4%, portée par des secteurs comme les services et l'agriculture, bien que des conditions climatiques défavorables, notamment des sécheresses et des inondations, aient maintenu l'insécurité alimentaire à des niveaux préoccupants.

Inflation et instabilité : des défis persistants

L'inflation a présenté des trajectoires variées. Si certains pays ont vu les hausses de prix ralentir, d'autres, comme l'Angola, l'Éthiopie et le Nigéria, ont été confrontés à des dépréciations monétaires importantes, entraînant des pressions inflationnistes persistantes. Les problèmes d'insécurité alimentaire demeurent une préoccupation majeure, exacerbés par des perturbations climatiques et des conflits violents.

Des perspectives encourageantes mais prudentes pour 2025 et au-delà

La région devrait connaître une accélération de la croissance à 4,1% en 2025, suivie de 4,3% en 2026. Cette progression sera soutenue par une baisse prévue de l'inflation et un assouplissement des politiques monétaires, stimulant ainsi la consommation et l'investissement privé.

En revanche, cette dynamique cache d'importantes disparités régionales. Si l'on exclut le Nigéria et l'Afrique du Sud, la croissance régionale atteindrait 5,3% en moyenne sur la même période, tirée par les économies exportatrices de produits industriels et un rebond attendu des services.

Toutefois, des contraintes budgétaires importantes, dues à des niveaux élevés d'endettement et à la hausse des coûts d'emprunt, limiteront les marges de manœuvre des gouvernements. Cela freine les dépenses publiques, notamment dans les infrastructures et les services sociaux essentiels, ralentissant les efforts de réduction de la pauvreté.

Les défis à venir : risques et opportunités

La région reste vulnérable à plusieurs risques majeurs dont, entre autres, le ralentissement économique mondial ou un affaiblissement des perspectives de croissance en Chine, partenaire commercial clé ; l'intensification des conflits géopolitiques ou internes, notamment au Soudan ; les chocs climatiques fréquents, tels que sécheresses et inondations, susceptibles d'aggraver la pauvreté et d'affecter les secteurs agricoles.

Néanmoins, des opportunités subsistent pour stimuler une croissance durable. L'adoption accrue des technologies numériques, le développement des infrastructures vertes et les investissements dans les énergies renouvelables pourraient transformer les économies locales et améliorer la résilience face aux chocs externes.

En dépit des défis, l'Afrique subsaharienne possède un potentiel significatif de croissance. Des réformes structurelles bien ciblées, associées à une gouvernance renforcée et une mobilisation accrue des investissements privés, pourraient non seulement accélérer la reprise économique, mais aussi ouvrir la voie à une prospérité durable pour la région.

Publié le 19/01/25 15:29

Dr Ange Ponou

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