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AGOA : Donald Trump signe la réintégration de Libreville

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L'étau douanier américain se desserre enfin autour des exportateurs gabonais. Par le biais d'un communiqué présidentielle officielle datée du 18 mai 2026, l'administration de Donald Trump a acté la réintégration du Gabon parmi les pays bénéficiaires de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA). Exclu du dispositif au 1er janvier 2024 sous l'administration Biden en raison du changement de régime d'août 2023, Libreville voit ses efforts de normalisation institutionnelle validés par la Maison-Blanche. Une décision qui s'accompagne d'un effet rétroactif au 1er janvier 2026, annulant de fait les barrières tarifaires imposées depuis le début de l'année.

Ce retour est un nouveau chapitre dans une relation commerciale bilatérale qui a profondément évolué en un quart de siècle. Historiquement, dès le lancement de l'AGOA en 2000, le Gabon s'était imposé comme un pilier du programme grâce à ses exportations massives de pétrole brut en franchise de droits de douane, se hissant régulièrement dans le Top 6 des bénéficiaires africains. Cependant, le boom du schiste américain au milieu des années 2010 a forcé Libreville à réorienter ses flux d'or noir vers l'Asie et à repenser son modèle.

Grâce à la Zone Économique Spéciale (ZES) de Nkok, le pays a ainsi progressivement utilisé l'AGOA comme un levier pour exporter des produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée, notamment le bois transformé et les dérivés de manganèse. Cette décision de réintégration s'inscrit également en droite ligne du rapprochement stratégique opéré lors du Sommet restreint USA-Afrique de juillet 2025, où le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema faisait partie des cinq dirigeants africains invités par Donald Trump à réorienter les partenariats commerciaux bilatéraux.

Au cœur de ce dialogue figurait notamment la volonté de l'administration américaine de sécuriser ses approvisionnements directs en matières premières critiques auprès de partenaires de confiance. Le Gabon est un fournisseur de premier plan pour l'industrie lourde des États-Unis, qui affiche une dépendance directe vis-à-vis du manganèse de Moanda, un minerai à haute teneur indispensable à leur sidérurgie et aux technologies de stockage d'énergie. En levant les taxes douanières de l'AGOA, Washington facilite l'accès à cette ressource pour ses propres industriels tout en fluidifiant le corridor commercial avec Libreville.

Publié le 21/05/26 12:24

La Rédaction

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