À Malabo, les autorités équato-guinéennes examinent une proposition d'implantation portée par Alibaba. Selon un compte rendu officiel de la vice-présidence daté du 3 avril, le groupe chinois a présenté aux autorités un projet de plateforme combinant commerce électronique et solutions de paiement numérique, lors d'une réunion présidée par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue.
L'entreprise propose de structurer depuis la Guinée équatoriale une base d'opérations couvrant un marché régional estimé à plus de 160 millions de consommateurs, incluant les pays de la CEMAC et la République démocratique du Congo. Le dispositif envisagé vise à connecter vendeurs et acheteurs via une infrastructure numérique centralisée, tout en intégrant des outils de paiement pour sécuriser les transactions.
D'après les éléments présentés au gouvernement, ce modèle permettrait aux commerçants locaux d'élargir leur clientèle au-delà du marché national, tout en réduisant certains coûts liés à la distribution. Les autorités équato-guinéennes indiquent, dans ce même document, que les discussions vont se poursuivre afin d'examiner les conditions d'implantation et les incitations éventuelles à accorder à l'entreprise.
Une présence progressive sur le continent
L'intérêt d'Alibaba pour la Guinée équatoriale s'inscrit dans une trajectoire déjà engagée sur le continent africain. Le groupe a notamment lancé en 2024 une plateforme au Maroc, en partenariat avec des organisations professionnelles et publiques telles que la Confédération marocaine des exportateurs et l'agence chargée de la promotion des investissements, selon des informations communiquées lors de la cérémonie de lancement à Casablanca.
Dans ce pays, la plateforme repose sur un modèle non transactionnel. Elle met en relation entreprises locales et partenaires étrangers, les opérations commerciales étant conclues directement entre les parties. Le dispositif repose sur un système d'abonnement fixe donnant accès à des services de visibilité et de marketing, sans prélèvement proportionnel sur les ventes.
Avant cette implantation en Afrique du Nord, Alibaba avait déjà pris position en Afrique de l'Est, avec des déploiements signalés au Rwanda en 2018 puis en Éthiopie en 2019, selon des données sectorielles.
Les perspectives de croissance du commerce en ligne sur le continent alimentent cette stratégie. D'après le rapport " Payments and E-commerce in Africa 2024 " de la fintech Nikalupe, la part des Africains achetant en ligne pourrait atteindre 40 % d'ici 2025, contre 24 % en 2020. Le nombre d'acheteurs numériques est attendu à plus de 500 millions sur la même période, avec une progression annuelle moyenne estimée à 17 %.
Perton Biyiha
Publié le 04/04/26 15:48
La Rédaction
SN
CEMAC