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Burkina Faso : La production électrique nationale a bondi de 25 % en 2024, portée par l’essor du solaire

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Le Burkina Faso confirme en 2024 sa volonté de bâtir une souveraineté énergétique fondée sur la diversification des sources et la montée en puissance du solaire. Selon l'Annuaire statistique 2024 du ministère de l'Énergie, des Mines et des Carrières, la production nationale d'électricité a connu une croissance remarquable de 25 %, passant de 1 135,7 GWh en 2023 à 1 419,1 GWh en 2024. Cette progression, soit un gain de 283,4 GWh, marque une étape décisive pour un pays longtemps dépendant des importations régionales.

Dans le même temps, la puissance installée totale s'est renforcée, passant de 601 MW à 678,5 MW, soit une hausse de 77,5 MW. Cette expansion s'explique par la mise en service de nouvelles centrales solaires et hybrides, l'optimisation des installations thermiques existantes et l'intégration progressive de producteurs indépendants d'électricité. La puissance solaire installée, en particulier, a connu une ascension spectaculaire : elle est passée de 159,88 MWc à 228,03 MWc en un an, consolidant la place du solaire comme pilier du mix énergétique national.

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Cette dynamique traduit un changement de paradigme profond. La part des énergies renouvelables dans la production totale est passée de 21,9 % en 2023 à 29,7 % en 2024, une progression de près de huit points. Derrière ces chiffres, se dessine l'action conjointe de la Société nationale d'électricité du Burkina (SONABEL), de l'Agence burkinabè de l'électrification rurale (ABER) et de l'Agence nationale des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (ANEREE), qui multiplient les projets d'électrification rurale et d'équipements solaires dans les infrastructures sociales.

Parallèlement, la dépendance énergétique du pays recule. Les importations d'électricité sont passées de 1 582,2 GWh à 1 357,8 GWh, soit une baisse de 14 %. Cette évolution illustre la montée en puissance des capacités nationales et une meilleure résilience face aux fluctuations régionales. Le réseau de distribution continue également de s'étendre, permettant à un nombre croissant de localités d'être raccordées au réseau national. En 2024, 1 328 localités étaient électrifiées contre 1 282 un an plus tôt, et le nombre d'abonnés a franchi la barre de 1,2 million.

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Les progrès se mesurent aussi à travers les indicateurs d'accès à l'électricité. Le taux d'électrification national est passé de 31,9 % à 34,2 %, tandis que le taux de couverture électrique a gagné près de 1,5 point, atteignant 53,3 %. En milieu rural, l'évolution est encore plus marquée, avec un bond de 7,7 % à 10,2 %. Ces avancées, bien que modestes à l'échelle de la demande nationale, témoignent d'une politique plus inclusive et mieux répartie sur le territoire.

En dépit de ces résultats encourageants, le défi reste immense. La demande d'électricité croît à un rythme soutenu, tirée par la croissance démographique et la vitalité du secteur industriel. Le pays doit encore moderniser ses infrastructures, renforcer l'interconnexion régionale et accélérer la mise en œuvre des projets solaires à grande échelle. Mais une chose est certaine : en 2024, le Burkina Faso a prouvé qu'il pouvait produire davantage, dépendre moins et tracer la voie d'une transition énergétique qui allie pragmatisme et ambition.

 

Fanuelle YAO

Publié le 23/10/25 12:00

La Rédaction

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