Le Cameroun retrouve de l'allant sur le marché monétaire de la CEMAC. Après avoir mobilisé d'un coup 75 milliards FCFA à fin septembre le Trésor public camerounais vient de capter un montant global de 49,8 milliards FCFA via 2 opérations d'émission de Bons du Trésor Assimilables (BTA), selon les résultats des adjudications publiés ce jour par la banque centrale.
D'une maturité de 52 semaines, la première opération de 10 milliards FCFA s'est soldée par un succès, les investisseurs ayant souscrit au-delà du montant recherché. Mais le pays n'a retenu que les offres dont le rendement était en dessous de 5,8%.
Pour la seconde émission, d'une maturité de 26 semaines, le Trésor public recherchait 45 milliards FCFA mais n'a pu capter que 39,8 milliards FCFA au taux moyen pondéré de 5,5%. Sur une émission similaire, le Trésor public gabonais a dû accepter de payer 6,5% de rendement pour mobiliser une enveloppe de 9,5 milliards FCFA. Preuve de la méfiance que les investisseurs de la région affichent encore vis-à-vis de Libreville.
Il faut dire que ce léger mieux sur le marché domestique coïncide avec l'assouplissement de la politique monétaire initiée depuis juin dernier par la BEAC, la Banque centrale de la région. Au cours des deux derniers Comités de politique monétaires (CPM), l'institut d'émission monétaire a choisi de maintenir inchangés ses taux directeurs après 4 relèvements successifs depuis novembre 2021. Un basculement assumé vers une politique monétaire plus accommodante qui pourrait avoir contribué à raffermir les conditions d'emprunt sur le marché monétaire.
Fort de son succès, le Cameroun prévoit revenir dans deux jours avec une sollicitation de 15 milliards FCFA. Le pays est toutefois attendu cette semaine pour deux paiements sur ses emprunts arrivés à échéance d'un montant global de 17,4 milliards FCFA. Ce qui devrait être une formalité car les remboursements sur ce marché sont assurés par la BEAC via un mécanisme de débit d'office.
Concrètement, pour chaque emprunt qu'il émet, le pays ouvre un compte séquestre à la Banque centrale. Chaque 15ème jour du mois, à la période du pic des recettes fiscales, elle prélève automatiquement une partie du montant sur les revenus fiscaux du pays qu'elle reverse dans le compte d'amortissement. A chaque échéance d'amortissement, elle débite le compte d'amortissement pour créditer les comptes des investisseurs ayant souscrit à l'emprunt.
Cédrick JIONGO
Publié le 25/10/23 18:13
La Rédaction
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