Fitch Ratings a confirmé, le 21 février dernier, la note de défaut émetteur à long terme en devises du Bénin à ‘'B+'' avec une perspective stable, reflet d'une économie résiliente mais confrontée à plusieurs vulnérabilités. Dans la foulée, Moody's a maintenu la note ‘'B1'' de Cotonou tout en relevant sa perspective de stable à positive, témoignant d'une amélioration des perspectives économiques du pays.
Des fondamentaux solides soutenant la croissance
Le maintien de cette note repose sur plusieurs facteurs positifs, à commencer par la croissance robuste du PIB, estimée à 6,7% en 2024 et attendue au-dessus de 6,5% jusqu'en 2026. Cette dynamique est tirée par l'expansion du secteur agricole, du textile et de l'agro-industrie, ainsi que par les investissements massifs dans les infrastructures. La diversification progressive de l'économie, illustrée par la réduction de la dépendance au coton (48% des exportations en 2023 contre 70% en 2021), renforce également la résilience économique.
Sur le plan budgétaire, le Bénin a poursuivi sa stratégie de consolidation, ramenant son déficit à 3% du PIB en 2024 contre 5,5% en 2022. Les réformes fiscales et l'expansion de l'assiette fiscale devraient faire progresser les recettes publiques à 15,8% du PIB d'ici 2026. La gestion proactive de la dette, notamment à travers des émissions d'euro-obligations et des financements concessionnels, permet une baisse progressive du ratio dette/PIB, prévu à 51% en 2026 contre 53,6% en 2024.
Des fragilités qui pèsent sur la notation
Malgré ces atouts, le Bénin reste confronté à des défis structurels qui limitent une possible amélioration de sa notation. La petite taille de l'économie et sa dépendance au commerce avec le Nigéria exposent le pays à des chocs externes, tandis que l'informalité élevée restreint le potentiel de mobilisation des recettes fiscales.
Par ailleurs, des tensions politiques pourraient créer un climat d'incertitude à l'approche de la présidentielle de 2026, notamment avec les réformes récentes de la loi électorale qui pourraient limiter la participation de l'opposition. Fitch note aussi des risques liés à l'insécurité régionale, bien que ceux-ci puissent être contenus grâce aux investissements croissants en matière de sécurité.
Fitch estime que la stabilité budgétaire et la poursuite des réformes structurelles sont essentielles pour renforcer la résilience économique du Bénin. Une mobilisation accrue des recettes fiscales et une diversification économique réussie pourraient à terme améliorer la notation souveraine du pays. Toutefois, tout dérapage budgétaire, ralentissement économique ou aggravation des tensions politiques pourrait entraîner une dégradation de la note.
Dans ce contexte, le soutien des créanciers internationaux et la capacité du Bénin à maintenir son cap réformiste seront déterminants pour la trajectoire économique future du pays.
Publié le 03/03/25 12:24
La Rédaction
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CEMAC