La Banque mondiale a publié ce mercredi 21 juin son rapport sur la situation économique du Sénégal. Il fait état de perspectives favorables, "reflétant le dynamisme du secteur secondaire, principalement la production industrielle", selon l'institution de Bretton Woods. Ainsi, en 2023, la croissance économique devrait atteindre 4,7%.
Ces résultats, selon le rapport de la Banque mondiale, sont imputables au rebond du secteur secondaire grâce à la normalisation des cours internationaux des matières premières, à un environnement institutionnel favorable, au recours aux partenariats public-privé pour le financement des investissements publics et au renforcement des investissements directs étrangers pour l'exploitation des hydrocarbures.
Pour l'année 2024, estime la Banque mondiale, la croissance devrait ensuite s'accélérer pour atteindre 9,9% en 2024, sous l'effet de la bonne tenue de la production industrielle. Elle devrait être stimulée par le démarrage de la production d'hydrocarbures.
Réduction à 15,3% du compte courant
Selon le rapport de la Banque mondiale, les pressions sur les comptes courants devraient s'atténuer à moyen terme grâce aux exportations d'hydrocarbures. Ainsi, indique le document, le déficit du compte courant devrait se réduire à 15,3% en 2023 et à 7,2% en moyenne entre 2024 et 2025 grâce aux excédents des exportations d'hydrocarbures et aux recettes fiscales.
S'agissant du taux de pauvreté, il devrait reculer à 33,6% en 2023, contre 35% en 2022, grâce à l'agriculture et à la baisse de l'inflation.
Une réduction du déficit budgétaire attendue des recettes des hydrocarbures
Les recettes des hydrocarbures et les efforts de mobilisation des recettes devraient contribuer à la réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB d'ici 2025 selon le rapport de la Banque mondiale. Cette convergence vers le critère de l'UEMOA devrait avoir lieu selon l'institution grâce à la mise en œuvre de mesures visant à réduire progressivement les subventions à l'énergie, qui devraient être ramenées à 2,9% du PIB d'ici 2023.
À moyen terme, poursuit le document, les dépenses courantes devraient diminuer, sous l'effet de la baisse des subventions et des dons dans le secteur de l'énergie, ce qui permettra d'affecter les ressources financières à d'autres priorités urgentes du gouvernement. Quant aux dépenses d'investissement, elles devraient se stabiliser progressivement à 8,9% du PIB en 2023-24.
Suite aux résultats positifs, Keiko Miwa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cabo Verde, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal, a salué la croissance résiliente du pays malgré les crises multiples et a souligné que les perspectives macroéconomiques sont favorables. Cependant, elle a également souligné la nécessité d'une croissance plus inclusive, compte tenu de l'impact de l'inflation sur la pauvreté en 2022.
Publié le 21/06/23 17:33
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC