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Après la RDC, Washington lorgne le sous-sol camerounais et ses minéraux critiques

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Les États-Unis avancent méthodiquement sur l'échiquier africain des ressources stratégiques. À peine un accord-cadre scellé avec la République démocratique du Congo, en décembre dernier, pour l'exploration de ses gisements de cobalt, de cuivre et de lithium, voilà que Washington s'intéresse désormais au sous-sol camerounais. Une réunion trilatérale s'est récemment tenue au ministère camerounais des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, réunissant les États-Unis, l'Australie et le Cameroun. L'ambassade des États-Unis à Yaoundé en a publié le compte rendu ce 8 avril 2026, précisant l'objectif poursuivi : " renforcer la coopération et favoriser la mise en place de chaînes d'approvisionnement sûres et diversifiées ".

Au cœur des échanges, le potentiel minier du Cameroun a été largement mis en avant, notamment pour des ressources jugées stratégiques telles que le cobalt, le rutile et le nickel. Les discussions ont également permis d'explorer les opportunités d'investissement, d'exploitation minière responsable et de développement du secteur. Cette démarche s'inscrit dans une dynamique de diversification des sources d'approvisionnement en minerais critiques, dans un contexte de compétition accrue entre puissances industrielles.

Dans ce cadre, l'intérêt américain se concentre sur plusieurs substances identifiées par les autorités camerounaises comme stratégiques, notamment le cobalt, le nickel, le manganèse, le rutile et le scandium. Sur ces segments, le Cameroun dispose d'un éventail important de gisements. Le site de Nkamouna-Lomié, dans la région de l'Est, en constitue l'un des exemples les plus emblématiques. Il est estimé à environ 100 millions de tonnes de minerai, avec des teneurs de 0,2 % de cobalt, 0,72 % de nickel et 3,71 % de manganèse. Selon le ministère en charge des Mines, son potentiel annuel de production pourrait atteindre 4 160 tonnes de cobalt, 3 280 tonnes de nickel, 450 000 tonnes de manganèse et 4 000 tonnes de scandium.

Au-delà de ce gisement de cobalt-nickel-manganèse de Lomié, les autorités camerounaises indiquent avoir recensé 27 autres indices de nickel dans les formations ferrifères des régions du Sud et de l'Est, ainsi que cinq indices de cobalt supplémentaires, notamment à Ngoïla et à Mbalam. Dans cette perspective, les parties réunies à Yaoundé ont convenu de poursuivre le dialogue afin de promouvoir une croissance durable et des partenariats mutuellement avantageux dans le secteur minier, selon l'ambassade américaine.

Cette offensive diplomatique et économique s'inscrit dans une stratégie de Washington visant à sécuriser ses approvisionnements en minerais indispensables aux industries de défense et de la transition énergétique. En République démocratique du Congo, cette orientation a déjà pris une tournure concrète. Le 20 janvier 2026, l'agence Reuters révélait que Kinshasa avait officiellement proposé à Washington une sélection ciblée d'actifs miniers stratégiques, dans le prolongement de l'accord signé en décembre 2025 entre les deux pays.

Selon deux hauts responsables congolais directement impliqués dans les discussions, la liste transmise portait sur le manganèse, le cuivre-cobalt, l'or et le lithium. Un document consulté par Reuters détaillait également la composition d'un comité de pilotage mixte chargé de la mise en œuvre du partenariat. C'est dans ce même contexte que s'inscrit désormais la démarche américaine au Cameroun, dont les ressources minières figurent parmi les cibles prioritaires de Washington dans sa stratégie d'approvisionnement.

 

Perton Biyiha

Publié le 08/04/26 16:43

La Rédaction

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